Fermeture des bars bruxellois à 23h : le secteur a du mal à avaler la pilule

Fermeture des bars bruxellois à 23h : le secteur a du mal à avaler la pilule
Fermeture des bars bruxellois à 23h : le secteur a du mal à avaler la pilule - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Suite à l’envolée des chiffres de l’épidémie à Bruxelles, de nouvelles mesures ont été annoncées ce samedi soir dont la fermeture des bars et cafés à 23 heures. Cela s’est décidé lors d’une réunion entre les bourgmestres bruxellois.

Une situation catastrophique pour le secteur. "Pour moi, je me retrouve au 13 mars, comme si on n’avait pas encore avancé. On est tributaire de la politique. On doit soit être hors la loi, soit accepter cette politique qui n’est pas correcte. On respecte ce qu’on nous demande mais, à un moment, il faut aussi nous laisser travailler." confie un tenancier bruxellois.

Un secteur déjà fragilisé qui ne cache pas ses craintes, d’autant qu’il doit faire aussi sans les touristes. "On est conscient qu’il faut prendre des mesures. Mais on espère que des contrôles vont se faire pour que les gens ne se rassemblent pas en rue" explique Marc Van Muylders qui travaille à la Fédération Horeca Bruxelles. Et pour ne pas déplacer le problème, "on demande aux autorités d’être très strictes."

Une décision politique "à contrecœur"

Une décision prise "totalement à contrecœur" confie Christos Doulkeridis (Ecolo). Le bourgmestre d’Ixelles reconnaît qu’il y a eu beaucoup de réticences à prendre ce genre de mesure. "C’est un coup dur pour beaucoup de personnes. Il y a quelque chose d’un peu paradoxal parce qu’à la sortie du Conseil National de Sécurité, on a l’impression qu’on allait vers une normalisation. Je reconnais que les chiffres sont inquiétants. Il y a une volonté de prendre des mesures mais je voudrais être sûr que cela va avoir un effet. Ça va durer trois semaines."

Le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close (PS), a aussi conscience de la difficulté de demander le respect de cette mesure à ce secteur. "C’est difficile parce qu’on essaye de redonner une activité à nos villes mais les chiffres sont là. On ne ferme pas les bars mais ils devront fermer à 23 heures Aujourd’hui, on a un problème et on doit le régler."

Tout cela est incompréhensible

Une décision prise à une réunion des bourgmestres bruxellois, demandée par le Fédéral. Mais pour certains, la pilule ne passe pas.

"Mercredi on nous fait croire que tout va bien" explique Didier Gosuin (DéFi). "Et maintenant, le ministère de l’Intérieur provoque cette réunion parce que l’on est dans une situation de crise. On nous apprend qu’on a dépassé le quota de lits réservés aux soins intensifs. Mais tout cela était prévisible.Pour le bourgmestre d’Auderghem, c’est de la responsabilité du Fédéral d’avoir pris des mesures d’allègement alors qu’on voyait que la tendance était à la crise. "Cela donne l’impression que les politiques reviennent sur leurs décisions, les changent, les durcissent. Tout cela est incompréhensible."

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