Favoriser la végétation en ville pour réduire les effets de la canicule ?

Favoriser la végétation en ville pour réduire les effets de la canicule ?
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Favoriser la végétation en ville pour réduire les effets de la canicule ? - © NICOLAS LAMBERT - BELGA

C’est une idée qui fait son chemin depuis quelques années et qui, forcément, refait parler d’elle en plein épisode caniculaire. Plusieurs villes d’ailleurs, se sont déjà lancées, avec des ambitions diverses sur la voie de la " végétalisation " de leurs rues et espaces publics. La ville de Paris, par exemple, s’est fixé l’objectif de planter d’ici 2020, 30.000 nouveaux arbres le long des rues, de créer 30 hectares de parcs publics et une centaine d’hectares de murs et de toits végétaux.

Quelques degrés de moins grâce à la végétation

D’abord, plus de végétation permet de rendre la chaleur plus supportable. Parce que les villes sont majoritairement bétonnées, elles absorbent en général plus de chaleur que les campagnes, ce qui les rend plus étouffantes en cas de vague de chaleur. C’est ce qu’on appelle l’effet d’îlots de chaleur urbains. Végétaliser une ville peut permettre de rafraîchir l’air ambiant. Ce sont les arbres qui font remonter par capillarité l’eau de leurs racines vers les branches et les feuilles. Cette eau va ensuite s’évaporer et refroidir ainsi l’air ambiant. L’ombre portée par les arbres permet aussi de diminuer la chaleur absorbée par les sols.

Une étude française a montré qu’en végétalisant une ville, on pouvait parvenir à diminuer de 1 à 3 °C la température de l’air en cas de canicule. Une réduction de la température de 5 °C serait même envisageable à certaines heures de la journée.

Chez nous, l’association environnementale flamande BOS + demandait mercredi au futur gouvernement flamand de planter au moins six millions d’arbres à court terme dans les villes et villages afin de rafraîchir l’atmosphère et de mieux faire face aux canicules.

Pour d’autres associations, l’idée est séduisante mais il serait illusoire de croire qu’elle suffirait à elle seule à contrer les effets de la canicule, comme l’explique Mohamed Benzaouia, chargé de mission auprès de l’association Inter-Environnement Bruxelles : " Cette action est intéressante si elle fait partie d’une réflexion plus générale". Mais pour M. Benzaouia, il existe "un problème avec la manière de construire l’espace public". "Par exemple, la place De Brouckère à Bruxelles vient d’être refaite et c’est un grand espace vide. Il n’y a pas la moindre ombre pour se protéger du soleil", déplore-t-il.

"Les zones vertes ne sont pas réparties équitablement sur le territoire", ajoute Charlotte Claessens, du département " Accompagnement ville durable " de Bruxelles Environnement. Des plans stratégiques, renforcés par le plan régional de développement durable (PRDD), ont été adoptés dans l’objectif notamment de végétaliser la région et de redonner l’accès à la nature. "La base est là mais cela dépend maintenant de la volonté politique", glisse celle qui travaille pour l’administration bruxelloise en charge de l’environnement. "On évolue vers une culture de l’espace public où le piéton et le cycliste reprennent leur place mais il y a une marge pour aller plus loin et être plus ambitieux", estime Mme Claessens. "On n’a pas non plus l’habitude de laisser place à la nature spontanée, qui requiert moins de gestion mais dont l’aspect visuel diffère." "On a envie de s’y mettre", assure-t-elle, "tous les ingrédients sont là mais il faudrait peut-être un petit coup de pouce", lance-t-elle.

Les atouts multiples de la végétalisation en ville

A cet effet sur la température des villes, s’ajoutent d’autres avantages de plus de verdure en ville : oxygéner l’atmosphère, lutter contre la pollution, augmenter les surfaces de sols perméables, rendre la ville plus esthétique et plus conviviale.

De nombreuses villes l’ont compris. Dans le monde, Singapour, Vancouver, Sydney, Francfort ou Genève sont de plus en plus vertes. Même en Chine, l’architecte italien Stefano Boeri a été appelé pour construire une ville forêt dans le sud-ouest du pays.

En Belgique, la " verdurisation " des villes est aussi au goût du jour : Liège, par exemple, s’est fixée des objectifs pour accorder plus de place à la végétation en ville. Le chantier de rénovation du site de Bavière, en Outremeuse, prévoit une " végétalisation " importante de l’espace public. Le tracé du futur tram liégeois sera transformé, sur sa plus grande partie, en espace vert. Ajoutons à cela le permis de végétaliser que les Liégeois peuvent obtenir assez simplement et qui leur octroie le droit d’installer dans leur quartier un potager partagé.

 

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