Faut-il revoir les modalités de l'examen d'entrée en médecine ?

2900 candidats et candidates médecins sont réunis au Heysel ce mercredi. Pour la plupart, ils repassent l’examen d’entrée pour les études de médecine et de dentisterie, examen qu’ils n’avaient pas réussi début juillet. Isabelle Bomboir, médecin généraliste, mais aussi maman d’un jeune qui participe à l'examen de ce mercredi. Il devra répondre à des questions de biologie, de physique, de mathématiques, d’éthique et d’empathie. Selon Isabelle Bomboir, "ces matières s’apprennent tout au long des études et même tout au long de la vie et se faire interroger sur de l’empathie et de l’éthique en questions à choix multiples à 17 ans est vraiment très difficile à entendre. Je ne crois pas qu’on puisse être préparé à 17 ans à ce genre de questions. Pour le reste, pour les questions théoriques sur les sciences pures, on peut tout à fait se préparer et réussir un questionnaire à choix multiples, bien qu’il y ait une part de chance dans ce genre de questions posées. Je crois aussi que la manière dont l’examen est posé, c’est-à-dire toute une journée d’examen — trois heures le matin et trois heures l’après-midi, huit questionnaires, 15 questions par questionnaire — c’est extrêmement éprouvant physiquement et émotionnellement pour des gamins qui ont une motivation extrême, puisque quasiment 3000 candidat(e)s se représentent à nouveau. Je trouve ça extrêmement frustrant de se dire qu’ils sont motivés pour faire de la médecine, qu’ils sont motivés pour entrer dans des études compliquées et longues et qu’on va peut-être les arrêter à nouveau sur base de questions à choix multiples sur des matières qu’ils ne peuvent pas maîtriser à cet âge-là".

Cet examen pourrait accentuer la pénurie de médecins généralistes. "En tout cas, sur le terrain, je ne rencontre aucun médecin qui me dit que c’est une bonne chose de limiter l’accès aux études. On est tous confrontés au manque de médecins sur le terrain, que ce soit dans les hôpitaux, dans les villes — peut-être moins dans les grandes villes comme Bruxelles — dans les villages ou dans les campagnes. Il y a vraiment un réel manque de médecins sur le terrain, donc c’est un non-sens pour moi" poursuit Isabelle Bomboir.

"Mon fils n’aura les résultats de l'examen d'entrée que dans 10 jours et ça aussi c’est une attente terrible. Ça veut dire qu’il aura ses résultats le 14 septembre, à la veille de la rentrée", dit-elle encore.

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