Faut-il revoir le plan d'intervention à la cathédrale Notre-Dame de Tournai?

Après l'incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, des questions se posent sur les possibilités d'intervention des pompiers de la zone Wallonie Picarde en cas de sinistre à la cathédrale de Tournai. La cathédrale de style gothique et roman est classée depuis 2000 au patrimoine mondial de l'Unesco. Le capitaine Johan Fastrez nous détaille sur place les problèmes que les pompiers pourraient rencontrer : "Les cinq tours font plus de 80m de long or nos échelles n'en font que 30. La cathédrale est aussi plus longue que Notre-Dame à Paris. La deuxième difficulté, c'est le risque d'effondrement avec des habitations et des commerces situés à proximité. Il y a aussi l'accès aux différentes façades de l'édifice. Les rues sont assez étroites et donc assez difficiles à emprunter pour les véhicules d'intervention. Les toitures sont en bois. Avec notre matériel, nous aurions quelques difficultés à accéder au sommet des tours mais nous pourrions y arriver tout de même. Il y a déjà eu des exercices, li existe des plans aussi mais ils vont devoir être revus en raison des chantiers de rénovation".   

En travaux depuis plus de 20 ans 

Les derniers échafaudages extérieurs ont été démontés en février dernier. Les travaux de restauration du transept et des cinq tours de la cathédrale Notre-Dame viennent de s’achever. il reste encore pour 5 années de travaux de rénovation à réaliser à l'intérieur de l'édifice qui date du XIIe siècle. Pour le commandant de la zone de secours, Olivier Lowagie, "on pourrait envisager un système automatique d'extinction dans les tours. C'est à voir d'autant qu'il ne faut pas dénaturer le bâtiment. Ce type de système est cher mais ce n'est rien à côté de la perte d'un tel bâtiment. On en a l'exemple avec Paris. Ce sera à discuter avec les responsables de la cathédrale de Tournai."

Propriété de la Province de Hainaut

Dans un communiqué, la Province du Hainaut, propriétaire de la Cathédrale et maître d’œuvre du chantier, dit "avoir pris les mesures nécessaires pour pouvoir agir rapidement et efficacement dans l’éventualité d’un accident comme celui qui vient de toucher Paris". Depuis le début des travaux, aucun problème d’incendie n’a été répertorié et de nombreuses mesures de précaution existent dans l’édifice classé : un système hydraulique de colonnes sèches et des prises pompiers dans les tours sont installés et viennent d’être contrôlés, une détection incendie dans les charpentes en bois de la partie gothique et du transept a été installée.     Pendant la durée des travaux, des détections incendie mobiles étaient prévues dans les zones de travaux, de même que des extincteurs mobiles, les portes coupe-feu ont été remplacées, toutes les parties restaurées des toitures ont été équipées de parafoudres.

Un plan Interne d’Urgence existe à la Province et devrait permettre de répondre rapidement à l’urgence et à l’évacuation. "Il n’est bien sûr pas possible de tout prévoir mais il est interdit de ne pas tout mettre en œuvre pour éviter le pire. La situation de Paris démontre bien la nécessité de pouvoir coordonner au mieux l’ensemble des acteurs qui doivent intervenir en cas d’urgence. C’est pourquoi nous mettrons tout en œuvre pour optimaliser la coordination des forces vives sur le terrain et renforcer les diverses mesures d’intervention et de précaution à envisager en cas de catastrophe similaire." Des réunions sont déjà prévues pour tirer, peut-être, des leçons de la catastrophe de Paris. 

En août 1999, la cathédrale de Tournai avait été "fragilisée" lors du passage d'une violente tornade dans le Tournaisis. En remontant plus loin dans le temps, une partie de la cathédrale avait aussi été détruite à cause des bombardements allemands. C'était en 1940.  

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