Faut-il rémunérer les stagiaires?

Certains étudiants estiment qu'ils effectuent le même travail qu'un employé, et qu'ils méritent une compensation salariale.
Certains étudiants estiment qu'ils effectuent le même travail qu'un employé, et qu'ils méritent une compensation salariale. - © Tous droits réservés

Offrir un salaire aux étudiants en stage dans une entreprise, c'est ce que revendique l'Union Syndicale Etudiante, un syndicat proche de la FGTB. Elle décrit les stages étudiants comme du travail gratuit, et cible prioritairement les cursus majoritairement féminins (travail social, logement, infirmerie), qui demandent le plus grand nombre d'heures de stage. "Il s'agit de main-d'oeuvre gratuite essentiellement féminine, permettant de compenser le sous-investissement des services publics comme les hôpitaux", dénonce l'USE.  

Le syndicat a lancé une campagne le 4 avril, visant à rassembler des informations sur les stages étudiants en Belgique. 300 stagiaires lui ont répondu jusqu'à présent. Une statistique ressort déjà de ce sondage : pendant leur stage, les étudiants ont tendance à mettre leur job de côté. S'ils sont 60% à travailler de coutume, ils ne sont plus que 30% lors de ces périodes. L'USE a signé, en Novembre dernier, un appel européen pour un salaire étudiant.

300 heures sur un quadrimestre

Margaux Genucchi est étudiante en Master 1 en logopédie à l'ULB, et dénonce le phénomène. "Pour mon stage, je dois prester 300 heures sur un quadrimestre. Cela correspond à un emploi du temps de 3 jours par semaine. Il faut savoir que j'ai un bureau à disposition, et que j'ai mes propres patients...C'est complètement du travail gratuit", dénonce-t-elle. "Je ne sais pas s'ils ont conscience du problème ou si cela leur paraît normal, mais j'estime avoir droit, au minimum, à une compensation".

En Belgique, la rémunération d'un stage dans le cadre des études est interdite. 

 

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