Faut-il limiter le niveau sonore des festivals à 100 décibels ?

L'an dernier, les organisateurs de festivals s'étaient imposé une norme de 103 décibels, soit le double de 100 dB.

La ministre flamande Joke Schauvliege propose au secteur de la musique un système à plusieurs niveaux avec des limitations à 90, 95 ou 100 décibels. Les exploitants de cafés et organisateurs de concerts et de festivals devraient choisir leur catégorie, avec bien sûr à chaque fois des obligations adaptées.

Dans la catégorie intermédiaire, il y aurait ainsi obligation d'informer le public sur les risques pour l'appareil auditif et de mettre à disposition des bouchons d'oreilles, gratuits ou payants. Dans la catégorie 3, limite à 100 dB, les bouchons seront mis obligatoirement gratuitement à disposition du public et il faudra mesurer en permanence le niveau sonore et le communiquer au public, via un écran par exemple.

Une proposition mal accueillie

Du côté des clubs et des maisons de jeunes, la proposition est mal accueillie : trop administrative, trop compliquée, trop contraignante, sans parler du prix des installations de mesure du bruit. Et puis, "des jeunes qui font la fête, cela dépasse déjà les 90 dB, donc on ne peut plus jouer de musique", raconte un membre d'une maison de jeunesse à Neder-Over-Heembeek.

Les salles et les festivals ne sont guère plus enthousiastes : 100 dB, ce n'est pas assez. La fédération flamande des festival a essayé : "L'AB s'est imposée la norme des 100 dB pendant un mois, et il n'y avait pas que le public qui trouvait ça trop peu, la presse aussi", explique Serge Platel, le directeur de la fédération.

Les dangers du son

Cette proposition intervient à la veille de la Semaine du son à Bruxelles, une série d'évènements pour sensibiliser la société à l'importance de la qualité sonore. Une conférence à épingler dans cette Semaine : celle de Daniel Léon, professeur à lINSAS et mixeur sur les excès sonores sur les excès sonores.

Invité mercredi à Radio Campus, ce spécialiste insiste sur le facteur durée dans les dégâts causés par les niveaux sonores trop élevés.

Il situe aussi entre 83 et 85 dB le niveau d'écoute confortable de la musique, notant que depuis les années 70, on assiste à une augmentation du volume sonore dans les lieux de spectacle mais aussi sur les systèmes d'écoute personnels. La compression dynamique y joue aussi un rôle. Daniel Léon explique encore que c'est vers 110 dB qu'on constate un effet de désinhibition de la muisique : c'est arrivé à ce niveau que les gens se mettent à danser par exemple, ou à applaudire à tout rompre...

Enfin, il signale un phénomène peu connu : le mixeur, celui qui a le doigt sur les curseurs de contrôle du volume, anticipe les pics et "tend" bien sûr l'oreille mais surtout son tympan, qui est un muscle avant de les encaisser, ce qui se traduit par une sensation de volume moindre, de l'ordre de moins 10 dB.

JFH avec deredactie

 

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