Faut-il interdire certaines plaques personnalisées ?

Faut-il interdire certaines plaques personnalisées ?
Faut-il interdire certaines plaques personnalisées ? - © Sophie Mergen

La Ligue Belge contre l’Antisémitisme (LBCA) est l’une des premières à lancer le débat. Elle plaide pour l’instauration d’une "blacklist" des plaques personnalisées. Cette revendication fait suite à la mise en circulation de plaques immatriculées "SS", "EVA-SS" et "HH", dont la LBCA dénonce la référence (volontaire ou pas) au nazisme. "Même s'il s'agit des initiales du propriétaire, on ne peut pas nier la référence naturelle au 3ème reich ou au salut nazi" regrette Joël Rubinfeld, président de la LBCA. Il invite la Direction Immatriculation des Véhicules (DIV) à appliquer des filtres à la délivrance de plaques personnalisées. De tels filtres sont déjà d’application pour les plaques automatiques, où les combinaisons à connotation politique, xénophobe ou injurieuses sont écartées.

"Il faudrait une liste noire évolutive"

Cette liste noire disparaît cependant lorsque le client est prêt à payer 2000 euros pour personnaliser son immatriculation. Et c’est là le fond du problème, pour Joël Rubinfeld. "Payer ne doit pas permettre de n’en faire qu’à sa tête. La responsabilité collective doit primer sur le souhait personnel". Mais une blacklist peut difficilement être exhaustive. Ainsi, le président de la LBCA émet l’idée d’une liste évolutive. "Il y a quelques années, Daech n’évoquait rien sinon une poudre à lessiver. Aujourd’hui, détenir une plaque Daech est comparable à une apologie du terrorisme. Il faudrait donc non seulement une liste noire, mais aussi un moyen de la faire évoluer".

"En payant 2000 euros, on obtient ce qu’on veut"

Qu’en pense la DIV ? Le SPF-Mobilité de Jacqueline Galant entame un travail de réflexion, mais l’établissement d’une blacklist n’est pas à l’ordre du jour. "Nous ne recevons quasi jamais de plaintes" se défend Thomas De Spiegelaere, porte-parole de la DIV. "La nouvelle réglementation des plaques personnalisées laisse le choix très libre aux titulaires des plaques. Nous sensibilisons cependant les clients au fait que s’il y a une plainte, leur plaque pourrait être radiée". En pratique, donc, pas d’interdiction préventive. Thomas De Spiegelaere l’avoue lui-même : "Une fois que le client paye 2000 euros, il obtient ce qu’il veut". C’est ainsi que des plaques à caractère commercial, politique voire même potentiellement discriminatoire, se retrouvent dans nos rues.

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