Faut-il exiger des normes antipollution plus strictes pour les motos et les scooters ?

Contrôle antipollution d'une moto à Paris
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Contrôle antipollution d'une moto à Paris - © FRANCOIS GUILLOT - AFP

Les normes antipollution des motos, scooters et tricycles à essence sont-elles suffisantes ? Pendant longtemps, les deux-roues motorisés ont été épargnés sous prétexte qu’ils sont moins nombreux que les voitures sur la route et qu’ils parcourent moins de kilomètres. Ils représentent seulement 8% des véhicules en circulation.

Mais cela pourrait changer. Une étude récente épingle la pollution générée par les motos et scooters. Elle a été réalisée à Paris par l’ICCT, l’ONG à l’origine des révélations du Dieselgate.

Et les résultats sont saisissants : les motos et scooters diffusent jusqu’à 11 fois plus de monoxyde de carbone, et 6 fois plus d’oxyde d’azote qu’une voiture à essence.

Jens Müller, responsable qualité de l’air à la Fédération européenne Transport et Environnement, explique que "ces deux gaz sont nocifs pour la santé. Si on n’arrive pas à réduire ces gaz, c’est un vrai souci de santé publique"Pour cette fédération qui travaille pour une mobilité durable, il est donc grand temps que l’Union européenne s’attaque à cette problématique. D’autant qu’aujourd’hui, la norme Euro imposée aux scooters et motos n’est que de 4, alors qu’on est à la norme Euro 6 pour les voitures. "Ces dernières années, le focus a vraiment été porté sur les voitures. Et maintenant on a pris du retard. A Amsterdam, par exemple, c’est fini à partir de 2025 : il n’y aura que des deux-roues électriques qui seront permis", poursuit Jens Müller.

Du côté du secteur, on reconnaît qu’il faut évoluer vers des produits moins polluants, déclare Joost Kaesemans, porte-parole de la Fédération de l’industrie automobile : "C’est faisable de faire évoluer les performances de moteurs des motos dans le même sens que ce que l’on a fait pour les voitures. D’un autre côté, il est strictement impossible d’imposer cette norme Euro 6 du jour au lendemain. Il faut laisser le temps aux constructeurs de cycles de s’adapter".

Reste qu’en Belgique aucun chiffre n’est actuellement disponible sur le sujet. Seule la Région bruxelloise affirme vouloir étudier l’impact de ses deux-roues motorisés à Bruxelles. Des contacts ont été pris avec les auteurs de l’étude française.

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