Faut-il, comme l'alcool, réglementer la vente de sucreries?

Faut-il interdire la vente de sucrerie aux enfants ?
Faut-il interdire la vente de sucrerie aux enfants ? - © BRUNO ARNOLD - Belga

Manger trop de sucreries "dérègle l'appétit et crée une dépendance" avec toute les conséquences que cela peut entraîner sur la santé. Telle est, en substance, la conclusion d'une étude publiée dans la revue scientifique de référence Nature. Ses chercheurs préconisent de réglementer la vente de sucreries comme on le fait avec l'alcool et les cigarettes. Laurence Doughan, coordinatrice du plan national nutrition santé, a répondu à vos questions dans notre chat de 11h30 (à relire, ci-dessous).

Pour les trois chercheurs à la base de cette étude, il faudrait commencer par interdire la publicité de ces produits pour arriver à terme à en interdire la vente aux plus jeunes.

En Belgique, un million de Belges a des problèmes de santé liés à la présence trop importante de sucre dans le sang.

Laurence Doughan, co-coordinatrice du Plan national nutrition santé se dit en faveur d'une hausse de la TVA sur les produits considérés comme mauvais pour la santé (trop de sucre, de sel, et de matières grasses) tout en baissant la TVA sur les produits sains comme les fruits et les légumes. La majorité des internautes qui ont réagi y sont d'ailleurs favorable.

"Le sénateur Jacques Brotchi l'avait envisagée dans une proposition de loi en 2009, qui exonérait les fruits et légumes de la TVA et faisait passer la TVA de 6 à 12 % pour les produits trop riches en sel, sucres et graisses ajoutés", a pour sa part ajouté Laurence Doughan.

Responsabiliser plutôt qu'interdire

Interdire la vente de bonbons ou autres sucreries aux enfants, a fait bondir la plupart d'entre-vous. A l'interdiction, vous préférez la responsabilisation et la sensibilisation à de meilleures habitudes alimentaires. Cela se joue à la maison mais aussi à l'école où "il faut veiller à ce que les enfants bénéficient d'une bonne éducation nutritionnelle", que ce soit en maternelle ou dans le secondaire.

Vous avez aussi beaucoup insisté sur la nécessité de faire pression sur le secteur agro-alimentaire pour qu'il améliore la qualité de ses produits. Une concertation est d'ailleurs en cours avec le secteur et la ministre de la Santé, a assuré Laurence Doughan. Les sucres, le sel et les matières grasses sont dans la ligne de mire.

Quant aux édulcorants, ils sont aussi sur la sellette : "Les édulcorants ont pour effet de maintenir l'attrait pour le goût sucré même s'ils ne contiennent pas de calories. Et comme on essaie de limiter l'addiction aux sucres, il est nécessaire de privilégier la consommation d'eau plutôt que de boissons édulcorées", a écrit la coordinatrice du plan national nutrition santé.

Un étiquetage plus clair dès 2014

"L'étiquetage des denrées alimentaires sera plus clair fin 2014", a promis notre invitée, mais "on est en Europe et on discute ces règlements à 27 Etats membres". En d'autres termes, cela prend du temps pour faire bouger les choses. Et de préciser que "l'étiquetage nutritionnel sur toutes les denrées" sera également "obligatoire d'ici 5 ans".

C. Biourge

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