Faut-il avoir peur du vaccin d'AstraZeneca? Efficacité, recommandations: le vrai du faux

Depuis le 12 février dernier, le vaccin d’AstraZeneca est venu renforcer l’arsenal belge contre le coronavirus, déjà composé des vaccins de Pfizer et Moderna.

Samedi, 200 infirmières à domicile, dentistes et autres prestataires de soins de santé ont ainsi reçu une dose du vaccin britannique dans une salle événementielle à Furnes. Le hic: une cinquantaine de personnes initialement attendues ne se sont pas présentées, sans prévenir, selon Het Laatste Nieuws.

Bien que le bourgmestre évoque de possibles problèmes administratifs, il est cependant à craindre que comme c'est arrivé dans plusieurs pays d'Europe (en Allemagne et en France notamment), certains professionnels de la santé ne "boudent" le rendez-vous de vaccination à l'AstraZeneca, parce qu'il serait "moins efficace". Mais qu'en est-il réellement?

1. Une première communication sur une efficacité à 62%

Pour les vaccins, comme pour n'importe quel produit, il y a une sorte de "guerre" de communication. Et en la matière, Pfizer, puis Moderna ont fait très fort, annonçant une efficacité de plus de 90% de leur produit. C'est pourquoi la première communication d'AstraZEneca, sur une efficacité à "seulement" 62% a fait pâle figure. Mais mettons tout de suite deux bémols:

  • 62% d'efficacité ne veut pas dire qu'on a 38% de risques d'être malade. Cela signifie que dans le cadre de l'étude, dans le groupe qui a reçu le vaccin, il y a eu 62% de malades en moins que dans le groupe qui a reçu un placebo. Mais 62% est généralement considéré comme un très bon score pour les autres vaccins !
  • AstraZeneca ne pouvait communiquer que sur les résultats complets de l'étude, relue par des indépendants. Mais en cours de tests, il se sont rendus compte qu'ils obtenaient une bien meilleure efficacité encore avec un autre protocole que celui prévu au départ. Cette étude n'étant pas complète, notamment par rapport aux classes d'âge, ils n'ont pas pu publier ces résultats plus favorables lors de leur première communication.

2. Une efficacité de 100% face aux formes graves, en suivant le bon protocole

Depuis lors, les résultats ont été confirmés, et le vaccin AstraZeneca affiche des résultats similaires aux deux premiers. C'est le porte-parole interfédéral qui a remis les pendules à l'heure vendredi lors de la conférence de presse du centre de crise, expliquant qu'"avec douze semaines d’intervalles entre les deux injections, le vaccin d’AstraZeneca a une efficacité de l’ordre de 82% sur les formes légères-modérées de la pathologie, et de 100% face aux formes graves".

Et conclut: "Ca montre que dans le groupe d’âge pour lequel on a des données, ce vaccin rejoint l’impact des vaccins de Pfizer et Moderna".

3. Une efficacité limitée sur les personnes plus âgées? Non, juste un manque de données

Enfin, il y a eu une confusion, suite notamment à des informations erronées parues dans la presse allemande, entre un manque de données et un supposé manque d'efficacité du vaccin chez les plus de 55 ou 65 ans.

Ce qui est vrai, c'est que l'échantillon des patients de plus de 55 ans a été jugée trop faible par certains que pour garantir leur fiabilité sur cette classe d'âge. Mais jamais il n'a été démontré un manque d'efficacité chez les plus âgés! C'est simplement par précaution que certains pays ont voulu limiter son utilisation aux moins de 65 (en Allemagne) ou 55 ans (en Belgique).

Là aussi, Yves Van Laethem a rappelé que "ceci n’est pas dû au fait ce vaccin ne fonctionne pas ou parce qu’il pose des problèmes chez les personnes plus âgées, mais parce que les données sont extrêmement limitées voire inexistantes dans les tranches d’âge en question."

En ce moment, a rappelé Yves Van Laethem, "nous attendons des données supplémentaires qui pourraient faire réévaluer notre position" dans les semaines qui viennent.

L'Organisation Mondiale de la Santé n'a d'ailleurs pour sa part émis aucune réserve sur son utilisation pour les plus de 65 ans.

Selon une étude publiée ce lundi par l'université d'Edimbourg, en Ecosse, le vaccin d'AstraZeneca aurait même une efficacité satisfaisante auprès des personnes âgées de 80 ans et plus. Menée par le professeur Aziz Sheikh, cette étude a évalué l'effet des vaccins d'AstraZeneca et Pfizer, auprès de 5,4 millions de personnes en Ecosse. Après quatre semaines, on observait une réduction des risques d'hospitalisation de 94% pour le vaccin d'AstraZeneca, dont 81% pour les plus de 80 ans.

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