Fatoumata Sidibé (DéFI) plaide pour la création d'un numéro vert pour toutes les violences sexistes

Fatoumata Sidibé (DéFI) plaide pour la création d'un numéro vert pour toutes les violences sexistes
Fatoumata Sidibé (DéFI) plaide pour la création d'un numéro vert pour toutes les violences sexistes - © Tous droits réservés

Samedi, c'est la journée mondiale de lutte contre la violence faite aux femmes, lancée par les Nations unies. En Wallonie, 15 000 plaintes pour violences conjugales ont été déposées en 2016, soit 40 plaintes par jour, et la moitié de ces plaintes concernaient des violences physiques. Il y a également eu 1000 plaintes pour viols, soit 3 par jour. Et quand on sait que seulement une femme sur 6 ose déposer plainte, on arrive probablement aux alentours de 18 ou 20 viols par jour, et une fois sur 2 ça concerne une jeune fille mineure. À Bruxelles, en 2016, il y a eu 2300 plaintes pour violences conjugales, plus de 500 plaintes pour violences sexuelles, dont 45 viols collectifs.

Pour Fatoumata Sidibé, députée bruxelloise du parti DeFI, qui a cofondé le comité belge de Ni putes ni soumises, "Tous ces chiffres sont dramatiques et on peut continue à égrener des chiffres, à dénoncer, mais il faut surtout agir". Et ce pas "comme on l'a fait, à la manière d'un plombier qui se contente simplement de colmater une brèche sans tenir compte de l'état général du tuyau. Depuis des années, on met en place des mesure qui ont un résultat qui consiste à réduire les conséquences, mais ne s'attaque pas vraiment aux causes que sont le sexisme ou les patriarcat". 

Pour Fatoumata Sidibé, "chacun d'entre nous est responsable". La députée plaide pour la mise en place, par rapport à toutes ces violences aujourd'hui sexistes, d'un numéro vert "dédié uniquement aux violences sexistes", notamment le harcèlement de rue.

Un numéro vert étendu


Il y a déjà un numéros vert mis en place par SOS viol mais la députée voudrait l'étendre à toutes les violences sexuelles: "Si aujourd'hui Twitter et Facebook ont eu autant de succès, c'est parce que ces victimes ne sont pas assez entendues, et que donc aujourd'hui elles se défoulent sur les réseaux sociaux. C'est une digue qui se rompt, et cette digue-là il faut la canaliser parce que libérer la parole, c'est très bien, mais ça peut être dangereux, à la fois pour la victime et pour ceux qui sont accusés".

Maintenant que la parole est libérée, on constate que dans les commissariats de police, de plus en plus de femmes se présentent pour en parler, souligne Fatoumata Sidibé. "Ce qui est important, c'est de vraiment écouter ces victimes et d'analyser leur plainte et de les orienter parce qu'il y a des cas, manifestement, qui doivent être suivis".

Quant aux dérives possibles, elle souligne: "Twitter n'est pas un tribunal.  Il faut qu'il y ait des plaintes, qu'elles soient suivies, il faut qu'il y ait un procès, qu'il y ait un jugement et une sanction". D'où la nécessité d'un numéro vert pour sortir de la délation et de la dénonciation sur les réseaux, "mais pour que ces plaintes soient entendues, écoutées et accompagnées".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK