Aujourd'hui, détruire les vêtements invendus est plus rentable que de les donner

En Europe, le gaspillage vestimentaire annuel représente 6 millions de tonnes.
En Europe, le gaspillage vestimentaire annuel représente 6 millions de tonnes. - © PHILIPPE HUGUEN - AFP

Les soldes sont terminées, l'heure pour les magasins de vêtements de faire le point sur les bénéfices des ventes mais aussi sur les invendus, le surplus qui n'a pas trouvé preneur malgré les réductions. Les enseignes ont alors plusieurs possibilités: un déstockage, la remise en vente lors des prochaines soldes, mais également un système de recyclage ou de récupération (seulement si elles y trouvent un avantage économique). Une autre possibilité, plus radicale, revient à se débarrasser des invendus via, notamment, un incinérateur. 

Le "fast fashion" est un phénomène qui s'installe dans notre société. Il s'agit de renouveler le plus rapidement possible les rayons et collections des magasins. Cela concerne principalement les vêtements à faible prix. Les entreprises détectent la tendance vestimentaire de la prochaine saison pour créer rapidement une nouvelle collection.

Jeter ses invendus est plus avantageux que de les donner

En novembre dernier, une équipe de journalistes danois découvrait que l'enseigne de prêt-à-porter H&M brûlait douze tonnes de vêtements par an. Un chiffre qui met à mal l'image de la marque suédoise mais elle n'est pas la seule.

En Europe, le gaspillage vestimentaire annuel représente 6 millions de tonnes. Se débarrasser de ses invendus en les incinérant permet d'obtenir une exonération de la TVA. Ce qui n'est pas le cas si les magasins décident de faire un don aux plus démunis. 

Un Belge sur cinq dit avoir donné aux Petits Riens sur les deux dernières années. "Parfois, on reçoit des vêtements de la part de partenaires anonymes" explique Odile Dayez, responsable communication chez les Petits Riens. "Seulement 15% des vêtements reçus pourront être vendus dans nos magasins. Cela représente ce que l'on appelle la crème de la crème, les vêtements jugés en bon état pour la vente. La plupart des dons sont des textiles avec des défauts de fabrication."

Pour les membres de l'association, les entreprises ne donneront pas tant que la législation ne changera pas.

Copier le modèle du don alimentaire

Dans le monde politique, on veut changer la donne. Marc Tarabella (PS) s'est adressé à la Commission européenne. L'eurodéputé veut examiner la possibilité d’autoriser l'exonération de la TVA sur les dons en nature des entreprises. Du côté du cdH, on aimerait permettre également aux entreprises de "défalquer ces dons du chiffre d'affaires comme en France et aux Pays-Bas. Nous voudrions appliquer le même principe que pour les entreprises qui souhaitent faire des dons alimentaires" souligne Georges Dallemagne, député fédéral. Cette initiative sera soumise au Parlement fédéral cette semaine sous la forme d'une proposition de loi.

Selon le député humaniste, "en plus d'un enjeu humain, on parle aussi d'un coût à la fois économique et environnemental". Près d'un cinquième des Belges se trouve en situation de pauvreté, selon des chiffres du service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale.

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