Famille: plus de 80% des enfants de divorcés sont satisfaits de leur situation

Famille: plus de 80% des enfants de divorcés sont satisfaits de leur situation
Famille: plus de 80% des enfants de divorcés sont satisfaits de leur situation - © Tous droits réservés

La notion de la famille a évolué et prend aujourd’hui différentes formes. Dans le cadre des 30 ans de la Convention des droits de l’enfant, une étude a été réalisée auprès des jeunes sur la représentation qu’ils peuvent se faire de leur propre modèle familial.

Pour Laura Merla, sociologue de la famille et professeure à l’UCLouvain, il n’y a plus un modèle de famille mais une multitude de formes familiales qui coexistent. "On s’est rendu compte qu’il y a très peu d’études qui portent sur les questions familiales et qui interrogent directement les jeunes sur le regard qu’ils portent sur leur configuration familiale".

Parmi les jeunes interrogés, leur vécu des relations familiales a été analysé. Et le concept de famille nucléaire semble de moins en moins répandu. "On voit qu’il y a 35% de jeunes dans notre étude qui vivent dans des familles séparées ou divorcées. Mais ce qui est intéressant de voir, c’est que sur toute une série de résultats, on voit que ce n’est plus une situation qui est atypique, c’est-à-dire que c’est quelque part devenu normal dans la vie des jeunes de faire partie éventuellement d’une famille dans laquelle les parents sont séparés ou divorcés et qu’il n’y a donc plus ce caractère stigmatisant de la séparation parentale ressenti du côté des jeunes", explique Laura Merla.

Evolution des rôles

Elle constate aussi par rapport à ces familles séparées que les jeunes relatent une assez bonne qualité de la relation avec chacun de leurs parents. "Ce qu’on constate aussi, c’est que plus de la moitié des jeunes nous disent avoir été consultés par rapport à leur mode d’hébergement. C’est le cas de plus de six jeunes sur dix en hébergement alterné", rajoute-t-elle. 

"Ce qu’on voit aussi, c’est que les jeunes, via les technologies de l’information et de la communication maintiennent un lien relativement continu avec leurs deux parents. Donc, quand ils sont chez maman, ils communiquent avec papa, et quand ils sont chez papa, ils communiquent avec maman. C’est moins le cas dans des situations d’hébergement exclusif, mais on a quand même un maintien de ce lien".

Quant aux parents, même s'ils n'ont pas été interrogé, la sociologue constate tout de même une évolution de la place du père dans la famille. "On voit qu’au plus le parent a du temps de co-résidence avec son enfant, que ce soit en hébergement alterné ou éventuellement en hébergement exclusif, au plus il va endosser un rôle qui est relativement proche du rôle que la maman endosse avec ses enfants. Il va donc devenir plus contrôlant et ça va être aussi un parent de référence. On voit que les jeunes qui sont hébergés exclusivement chez leur père communiquent beaucoup avec lui quand ils rendent visite à leur mère. Ici, on voit que c’est finalement la fonction qui prime sur le genre du parent dans le lien que le parent établit avec son enfant".

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