Faire du commerce avec Israël: des contrats de recherche de l'UGent posent question

Une centaine de professeurs et de doctorants de l'UGent soutiennent l'idée de ce boycott. Une lettre ouverte a été dévoilée vendredi.
Une centaine de professeurs et de doctorants de l'UGent soutiennent l'idée de ce boycott. Une lettre ouverte a été dévoilée vendredi. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA (illustration)

Des chercheurs de l'université de Gand (UGent) demandent des explications à la rectrice Anne De Paepe à propos de projets de recherche conclus avec une entreprise et une institution scientifique israéliennes. Les deux projets ont un lien direct avec l'appareil militaire israélien, a-t-on appris vendredi à l'occasion d'une conférence donnée par l'activiste palestinien des droits de l'homme, Omar Barghouti.

Omar Barghouti est également le président et le fondateur du mouvement BDS (Boycott-Désinvestissement-Sanctions) et est à l'initiative d'une campagne appelant au boycott culturel et académique d'Israël (PACBI).

Soutiens au boycott

Une centaine de professeurs et de doctorants de l'UGent soutiennent l'idée de ce boycott. Une lettre ouverte a été dévoilée vendredi, demandant plus d'explications à la rectrice de l'université à propos de deux collaborations avec des partenaires israéliens. L'une d'elles concerne un projet de recherche sur des matériaux composite destinés à l'aéronautique et l'entreprise Israël Aerospace Industries, une entreprise d'Etat fabricant également des armes. Le second projet traite de nanotechnologie, l'UGent est en la coordinatrice et Technion (institut israélien pour la technologie) le partenaire. Cette institution développe également des applications dont fait usage l'armée israélienne.

La lettre souligne le fait que les violences perpétrées en Palestine et en Israël "est une conséquence directe de l'occupation et de la politique de colonisation appliquée par Israël depuis 67 ans". Les chercheurs affirment également que les Palestiniens sont traités comme des citoyens de seconde zone "sur base de leurs origines ethniques et religieuses dans un système qui encourage la discrimination". Ils insistent sur le fait que la violence exercée est rendue possible par les innovations techniques sur le plan militaire et se posent la question de savoir si l'UGent désire vraiment se rendre "complice" de cela.

Omar Bargouthi précise que ce ne sont pas les artistes ou les scientifiques individuellement qui doivent être boycottés mais bien les institutions qui les emploient. "Les institutions israéliennes sont les piliers du système", indique-t-il. "La technologie sert essentiellement les objectifs sécuritaires et militaires".

 

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