Faillites virtuelles des CPAS : "En 5 ans, il y a eu une augmentation de 35 % du nombre de personnes bénéficiant du minimex"

"Si on continu comme ça, malgré la bonne gestion, la situation des CPAS est une situation de faillites virtuelles […] en tout cas dans les grandes villes". Ce constat a été annoncé mercredi soir sur La Une TV dans l’émission A Votre Avis par le directeur général de la fédération des CPAS, Alain Vassen.

Comment en est-on arrivé à cette situation ?

"En 5 ans, il y a eu une augmentation de 35 % du nombre de personnes bénéficiant du minimex et une explosion des aides sociales complémentaires", nous dit d’emblée Alain Vassen. Tout cela explique des budgets dans le rouge depuis 4 à 5 ans. Le phénomène est surtout visible dans les grandes villes, là où se concentre les problèmes de pauvreté.

Quels sont les risques ?

Le directeur général de la fédération des CPAS veut rassurer : "Les CPAS ne vont pas fermer ". L’idée est plutôt de lancer un message dit-il : "S’il n’y a pas un refinancement structurel des CPAS, on va au-devant de difficultés". Et parmi ces difficultés, les communes pourraient à travers leur dotation devoir compenser les budgets qui sont actuellement dans le rouge. Autre possibilité, les CPAS pourraient être contraints de limiter certains compléments octroyés principalement à des travailleurs dit pauvres. Des aides pour l’achat d’une paire de lunettes, les classes vertes ou encore le paiement de factures énergétiques, etc. Une série de frais auxquels des personnes ne savent plus faire face aujourd’hui.

Les solutions

Pour Alain Vassen : "Les principaux leviers relèvent du fédéral". Primo, les CPAS demandent une augmentation du taux de remboursement du revenu d’intégration (le minimex : NDLR) versé par le fédéral aux CPAS. Aujourd’hui, il est de 60 à 70%, il faudrait augmenter ce plafond pour diminuer la partie sur fond propre que paye les CPAS. Secundo, le dégel de certains fonds comme le fond gaz et électricité par exemple qui permet aux CPAS d’aider les personnes qui rencontrent des difficultés de paiement par rapport aux factures énergétiques. Tertio, au niveau de la Région, il faudrait augmenter les montants dédiés à l’insertion sociale et professionnelle, cela pour aider les CPAS à accompagner les personnes vers le chemin de l’emploi.

Selon le directeur général de la fédération des CPAS, il n’y a pas encore de conséquences sur le terrain. Et pourtant, dans certains endroits, des mesures ont déjà été prises pour redresser la barre. C’est le cas à Namur, où la ville va augmenter la dotation du CPAS d’un million d’euros pour l’année prochaine, cela pour faire face aux dépenses notamment dans le cadre du revenu d’intégration sociale (une augmentation de 80 % des bénéficiaires en 10 ans : NDLR).

Et dans les maisons de repos

La maison de repos Bughin-Durant à Monceau-sur-Sambre, par exemple, a été rénovée. De manière générale, les maisons de repos tentent d’augmenter les standards de qualité. Cela a un coût et il sera en partie répercuté sur les résidents dans la région de Charleroi. Une augmentation des tarifs de 5% est prévue dès le mois de février 2020, si l’AVIQ, l’Agence pour une Vie de Qualité, donne son feu vert.

Pour Anita Gancwajch, la directrice du secteur Maisons de repos du CPAS de Charleroi, il faut relativiser cette augmentation pour les résidents les plus précaires : "Je vous rappelle que les personnes les plus précarisées, peuvent bénéficier de l’aide du CPAS et que à l’intérieur de nos maisons de repos sur 1000 résidents, il y a environ 200 personnes qui nécessitent l’aide du CPAS, les autres étant tout à fait autonome financièrement grâce à l’intervention de leurs droits sociaux". Pourquoi les 5 % d’augmentation ? Anita Gancwajch explique : "Sachant qu’à partir du 5 février les pensions seront indexées de 2 %, in fine, l’augmentation sera de 3 %. Chaque situation sera analysée par nos travailleurs sociaux et personne ne restera sur le carreau".

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