Facture d'électricité, risque de black-out: quel est l'impact de ce nouveau couac nucléaire?

Facture d'électricité, risque de black-out : quel est l'impact de ce nouveau couac nucléaire?
Facture d'électricité, risque de black-out : quel est l'impact de ce nouveau couac nucléaire? - © Tous droits réservés

Aujourd'hui, seuls les réacteurs de Doel 3 et Tihange 1 sont opérationnels. Et cela risque d’être encore le cas cet hiver au vu des dégradations dans le béton constatés récemment dans les réacteurs de Tihange 2 et Doel 4. Sur son site, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire assure que : "Ces événements n’ont eu aucun impact sur la population, les travailleurs et l’environnement". Mais c'est bien une situation exceptionnelle pour Damien Ernst, professeur à l'ULG et spécialiste de l'énergie : "On pourrait très bien imaginer qu’un tiers de la flotte nucléaire soit disponible en novembre, soit 2000 MW, et la moitié voire moins en décembre."  

Risque-t-on un black-out?

"Cela risque d’être très juste", poursuit Damien Enst. "Si on se prend une contingence supplémentaire, par exemple une perte subite d’une ligne d’importation, alors là, oui effectivement, on aura un problème de sécurité publique et d’approvisionnement." Il faudra donc s'approvisionner davantage à l'étranger, en Allemagne par exemple, pour autant que ces pays puissent fournir assez d'électricité. 

Durant l'été 2014, quatre réacteurs nucléaires étaient à l’arrêt. Avec 3000 MW disponibles à l'époque, les autorités craignaient que des familles soient privées d'électricité quelques heures pendant l'hiver. Aujourd'hui, ce sont donc cinq réacteurs qui sont à l'arrêt mais aucune demande de rationnement d'électricité n’est pour le moment d’actualité.

Augmentation du prix de l’électricité

La facture d'électricité risque toutefois d'être salée pour les ménages. Pour Damien Ernst : "Un ménage en 2019 qui avait un contrat à prix fixe pour son électricité va payer 100 euros en plus qu’en 2018. Quelqu’un qui a un contrat à prix variable pour l'électricité va déjà payer 100 euros en plus en 2018 par rapport à 2017. Et l’augmentation n’est pas finie, ça risque encore d’empirer dans le futur".

 


Son analyse rejoint celle d'Alexandre Viviers. Simon Bourgeois a interviewé ce dernier, consultant et spécialiste en énergie chez SIA Partners.

Comment est-ce qu’on explique l’augmentation du prix de l’électricité?

"Cela s’explique principalement par trois facteurs. Tout d’abord, on a assisté cette année à une augmentation du prix du gaz. Ce qui représente déjà deux tiers de l’augmentation. On a également le prix des émissions de CO2 qui a augmenté et qui explique plus ou moins un tiers de la hausse du prix. Enfin, et à la marge, on a l’indisponibilité d’une partie de notre parc de production qui nous rend plus dépendants des impacts sur les marchés européens."

Est-ce que la cause de l’augmentation est due uniquement à la hausse des prix des matières premières? Il n’y a pas des intermédiaires qui augmentent eux aussi leurs marges?

"En Belgique, on reste sur un marché très concurrentiel et donc les acteurs répercutent les coûts auxquels ils font face sans nécessairement augmenter leurs marges. Et effectivement, c’est un impact principalement sur la partie matière première avec cet aspect CO2 qui n’est pas une matière première en soi, mais plutôt une construction politique pour intégrer le coût d’une émission de CO2 dans le prix de l’énergie."

Est-ce que le prix de l’électricité va continuer à augmenter pour le consommateur?

"C’est probable… Si on regarde la partie CO2 par exemple, on est à 21 euros la tonne de CO2. Les projections nous mènent à 25 euros d’ici à la fin de l’année et 35 euros en 2019. On peut donc s’attendre à ce que cette tendance se poursuive. D’autre part, on continue à avoir un certain nombre d’impacts, notamment les quotas de certificats verts qui augmentent dans la facture d’électricité".

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