Face aux narcotrafiquants, “des moyens indignes d’une police du 21e siècle”, dénonce le patron de la police judiciaire à Liège

On n’est pas encore dans la série télé Narcos, on n’a pas encore perdu le contrôle mais on doit être vigilant”. Cette mise en garde, c’est celle de François Farcy, patron de la police judiciaire fédérale à Liège au micro de La Première, au lendemain d’un énorme coup de filet de la police au cœur d’un réseau de trafiquants de drogue dans la campagne liégeoise.

François Farcy note tout de même que “la réalité a dépassé la fiction. On doit être sur la balle pour réagir face à des organisations criminelles qui s’adaptent en permanence.” 

Un véhicule tombé en panne en plein transfert

Et pour pouvoir suivre, il faut des moyens. Ils font cruellement défaut : “On n’est pas toujours à la hauteur. Il y a un problème d’infrastructure. A Liège, elle n’est pas digne d’une police du 21e siècle. On a des bâtiments violets, une connexion pas à la hauteur, pas de cellule, pas de véhicule. Hier encore, un véhicule est tombé en panne en plein transfert, c’est embêtant. Si on veut rester à la hauteur, face à ces organisations qui ont des moyens financiers sans limites, on doit renforcer nos moyens.

Ce lundi matin, plus de 300 policiers ont perquisitionné divers lieux en Belgique, 23 au total, dont des hangars de fermes dans les communes de Modave et de Ferrières en province de Liège. Des lieux utilisés par une organisation criminelle internationale pour faire transiter et transformer des tonnes de cocaïne importées d’Amérique du Sud.

Une saisie record, dans une zone discrète et centrale

Près de 2 tonnes de cocaïne ont été saisies. “C’est un record en province de Liège mais c’est surtout l’idée que la Belgique est une plateforme de distribution. C’est la situation géographique, dans une zone rurale à l’abri des regards qui joue. La cocaïne est arrivée via ports traditionnels, elle a été amenée dans la région pour des raisons de discrétion mais vu la quantité, elle n’est pas uniquement destinée à la région liégeoise. Le trafic de drogue est international par essence. La Belgique au carrefour de l’Europe, c’est ce qui fait son attractivité.

Une culture de la violence

Les enquêteurs ont aussi retrouvé 10 armes à feu dont 5 kalachnikovs.

Les narcotrafiquants sont de plus en plus violents. “Il y a une culture de la violence qui se développe dans ces organisations criminelles, que ce soit les mafias italiennes, les clans albanais, nigérians ou encore ce qu’on appelle la Mocro Maffia, organisation belgo-hollandaise implantée dans le Maghreb. Il y a tout un cinéma autour de ça. Sont aussi arrivées en Europe des structures criminelles venant d’Amérique centrale et du sud (cartels colombiens, mafia mexicaine,…) qui ont une culture de la violence bien plus développée. Avec les sommes immenses en jeu dans trafic de drogue, la concurrence est rude entre organisations et les actes de violence sont très fréquents.

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