Fabien Pinckaers, CEO d'Odoo qui engage une personne par jour: "Les syndicats sont ringards"

CEO et fondateur d'Odoo, Fabien Pinckaers est la success story wallonne de l'année. Après des débuts modestes, l’entreprise engage aujourd'hui 420 personnes dans le monde dont 110 depuis le 1er janvier dernier, soit une personne par jour en moyenne. Au micro de Matin Première, Fabien Pinckaers fait le point sur l'entrepreneuriat en Belgique.

À 38 ans, il est à la tête d'une boîte en pleine expansion qui propose un logiciel de gestion d'entreprise à ses clients. De l'ingénierie et de l'informatique donc. Des bureaux à Bruxelles, San Francisco ou Hong Kong et une base centrale à Grand-Rosière dans le Brabant wallon. Un projet qui marche à l'heure où le baromètre conjoncturel de l'Union wallonne des entreprises indique pourtant que deux patrons sur trois ont des difficultés à trouver de la main d'œuvre dans de tels domaines.

Pour y arriver, Fabien Pinckaers n'a pas lésiné sur le temps. 14 heures de travail par jour, 7 jours sur 7, pendant 7 ans, sans un jour de congé. Pour lui, la principale difficulté pour un jeune qui veut lancer sa propre boîte, c'est d'"oser, parce que beaucoup y pense, mais peu franchissent le pas. Pourtant, il faut essayer, se planter, recommencer, réussir. Il faut avoir l'esprit d'entreprendre".

Pas de formule magique puisque le CEO d'Odoo a dû s'y prendre à plusieurs fois avant de trouver le projet qui allait enfin fonctionner. Quatre au total avant "que ça commence à prendre".

On aimerait que plus de jeunes sortent des écoles

Une chose est certaine : la Belgique ne doit pas avoir honte des formations qu'elles proposent aux jeunes dans les différentes écoles et universités du pays. "Je peux dire que les personnes que nous recrutons sont bien formées. J'ai l'expérience d'avoir engagé dans d'autres pays et la Belgique n'a clairement pas à rougir. On aimerait que plus de jeunes sortent des écoles, mais à part ça, les compétences sont vraiment bonnes. Après, ils sont souvent formés plus à la recherche qu'au monde du travail, mais ce n'est pas très grave dans le monde de l'ingénierie." 80 informaticiens sortent par an de l'UCL or, Fabien Pinckaers voudrait en engager 120 rien que pour son entreprise à lui.   

Par contre, le gros bémol de la Belgique reste, sans grande surprise, l'apprentissage des langues. Malgré plusieurs recherches, impossible d'engager les bonnes personnes dans le Brabant wallon. Pour trouver les employés compétents, Odoo a dû ouvrir un bureau à Bruxelles où il est plus facile de trouver des travailleurs polyglottes. "À Bruxelles, il y a énormément de cultures différentes, c'est un peu comme Londres."

Les syndicats passés de mode

Aussi, Fabien Pinckaers reconnait que la Belgique ne forme pas assez ses jeunes à entrepreneuriat de manière générale. À son époque, aucun cours n'était proposé à l'université. Enfin si, un seul, qui était optionnel.

Pour le fondateur de l'entreprise, les syndicats sont ringards en 2018. Dans la logique d'Odoo, pas besoin d'eux pour être très proche du personnel. "Je pense même qu'au-delà de l'aspect syndical, c'est une bonne chose que les managers soient direct avec leurs employés."

Odoo engagera encore 400 personnes l'année prochaine, en attendant, Fabien Pinckaers n'a qu'un seul conseil à donner à ceux qui voudraient se lancer : se confronter aux clients directement.

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