Expulsions: les manifestants du centre 127 bis ont été délogés

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Illustration (image d'archive) - © Archive Belga - NICOLAS MAETERLINCK

La trentaine d'activistes qui s'étaient enchaînés jeudi à partir de 5 heures devant le centre fermé 127bis, destiné aux étrangers en séjour illégal, à Steenokkerzeel ont été délogés par la police locale qui a reçu des renforts de la police fédérale, selon le porte-parole des activistes.

Les manifestants protestaient contre l'expulsion, programmée ce jeudi d'une soixantaine de demandeurs d'asile.

"On bloque le centre fermé de Steenokerzeel car aujourd’hui la Belgique a affretté un avion spécial pour expulser 60 personnes d’origine congolaise issues de plusieurs pays européens", expliquait un manifestant sous couvert d'anonymat ce matin.

Vérifications faites auprès de l'office des étrangers, les expulsés sont en fait majoritairement des Nigérians. Il y aurait ainsi 61 expulsés au total dont 46 Nigérians et 15 Congolais. Parmi eux, 12 sont expulsés depuis la Belgique (neuf Nigérians et trois Congolais). Les autres expulsés proviennent de Suède, de Norvège, de Grande-Bretagne, de France, de Suisse, de Pologne et d'Allemagne. La moitié d'entre eux sont des demandeurs d'asile déboutés et l'autre moitié sont des sans papiers.

Ces personnes vont être expulsées au départ de Bruxelles "par un vol spécialement sécurisé", précisait encore le manifestant. Celui-ci nous indiquait en outre que ce vol est "organisé par l’agence Frontex", l'agence européenne basée à Varsovie et qui gère les frontières extérieures de l’Union européenne.

"On va faire tout ce qui est en notre pouvoir pour essayer d’éviter l’expulsion des personnes à partir de la Belgique", annonçait ce militant pour la défense des sans-papiers. Les manifestants voulaient empêcher que les 12 personnes retenues dans le centre fermé 127 bis, et qui doivent être expulsées, ne puissent pas embarquer.

Pour ce qui concerne les 49 autres expulsés, issus d'autres pays européens, ils se trouvent déjà "dans l'aéroport militaire et nous ne pourrons malheureusement pas les aider", expliquait le militant.

La presse n'est pas autorisée à assister à la manifestation

Deux camionnettes et une voiture de police barrent l'accès du centre, la presse ne peut donc accéder au site où se déroule la protestation. 

"Je trouve ça absolument scandaleux qu'en Belgique, notre pseudo-démocratie", les journalistes ne puissent pas accéder au lieu où se déroule l'action de protestation, s'est offusqué un manifestant. 

Melchior Wathelet plaide pour "le respect de la loi"

Pour expliquer l'interdiction d'accès opposée à la presse, Melchior Wathelet, secrétaire d'Etat à la Politique de migration et d'asile, rappelle ce matin sur La Première que "c’est un centre fermé et donc les journalistes n’ont pas le droit de pénétrer à l’intérieur du centre".

En ce qui concerne les expulsés, le secrétaire d'Etat cdH précise que "ce sont toutes des personnes qui ont reçu un ordre de quitter le territoire et qui ne peuvent dès lors pas rester sur le sol belge". 

"Si à un moment, on ne peut plus forcer les gens à quitter le territoire, cela ne sert plus à rien d’avoir une politique d’immigration, cela veut dire que tout le monde peut venir", affirme Melchior Wathelet.

Dans ces circonstances, il considère "tout à fait normal de renvoyer ces personnes vers leur pays d’origine, il ne s’agit là que du respect de la loi".

"Les personnes qui ont vraiment besoin de protection" en bénéficient, selon Melchior Wathelet, et celles-là ne sont pas expulsées. Ce ne serait donc pas le cas des personnes concernées par les expulsions de ce jeudi. 

Julien Vlassenbroek avec Eric Boever, Mehdi Khelfat, Anina Meeus et Belga

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