Exposition aux pesticides: une école participante à l'étude veillera au grain

Une étude de l'Institut scientifique de service public (ISSEP) réalisée en 2018 démontre les écoles situées dans un cadre agricole concentrent des dizaines de produits chimiques. Des substances qui peuvent se retrouver dans la cour de récréation voire dans des classes. A l'école Saint-Joseph de Grez-Doiceau, le directeur rassure mais veut une application stricte des mesures dans l'optique de diminuer les teneurs aux abords de l'école.

L'école est entourée par les champs et une route... qui la sépare d'un champ. Saint-Joseph de Grez-Doiceau, c'est une école située en pleine zone agricole et elle s'est portée volontaire pour participer à l'étude de l'ISSEP en septembre 2017. Aujourd'hui, les résultats sont rendus publics et Paul Vandeleene directeur de l'école ne s'étonne guère: "Dans les champs autour de nous, on cultive des pommes de terre, du maïs, du colza. Je savais depuis toujours qu'il y avait des risques de présence de pesticides dans l'école et donc je ne suis pas si étonné de voir le rapport parlant de leur présence, de traces dans la cour mais aussi dans certaines classes. Par contre, je trouve la teneur finalement encore assez rassurante car les doses mesurées sont souvent infimes. Par contre il y a des traces de substances interdites depuis 1974 et depuis 1993 comme du DDT par exemple et là ça a été le grand étonnement de retrouver encore ce produit".

C'est donc plutôt la nature des produits qui le choque. Mais de là à savoir si ces produits viennent de l'activité agricole ou d'ailleurs, d'une utilisation par des particuliers par exemple, Paul Vandeleene ne s'engage évidemment pas. Il affirme d'ailleurs avoir de bons rapports avec les agriculteurs du coin, sept d'entre eux étaient d'ailleurs présents lors des séances d'informations et "il n'y avait pas d'inquiétudes dans les échanges que nous avons eu mais bien des questions quant au type d'agriculture utilisée et des mesures à prendre".

Veiller aux grains

Par contre, le directeur compte bien rester attentif à ce que le décret fixé en juin 2018 par le gouvernement wallon soit strictement appliqué: "Si jamais nous constatons que des agriculteurs ne respectent pas les zones tampon fixées à 50 mètres autour des écoles ou pulvérisent quand même alors que l'école est occupée, nous filmons et nous appelons la police pour faire constater l'infraction.". 

Mais l'école veut aussi réaliser sa propre remise en question. Face à la variété des produits détectés, elle compte bien analyser tout ce qui entre dans les bâtiments à l'avenir: "Nous allons aussi faire un relevé de tous les entrants dans l'école, les produits de nettoyage ou des peintures par exemple, pour détecter et supprimer éventuellement certaines substances si changer nos habitudes devient nécessaire". 

Au total, 8 écoles ont été analysées et entre 50 et 80 substances actives ont été relevées avec des pics importants de plusieurs polluants. Des pics dont l'intensité était pour le moins inattendue lors des périodes de pulvérisation des parcelles agricoles. Le ministre wallon Carlo Di Antonio a déjà partagé son intention de réviser, en cas de nécessité, les mesures à réévaluer du décret de juin 2018. 

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