Explosion du trafic de marchandise d'ici 2040, asphyxie du réseau routier en vue !

Les VLL, véhicules longs et lourds, l'avenir du transport routier ?
Les VLL, véhicules longs et lourds, l'avenir du transport routier ? - © Tvn

25 % de marchandises à transporter en plus d’ici 2040, le commerce et surtout l’E-commerce vont connaître une croissance spectaculaire. Une énorme masse de fret à transporter en plus ! Oui mas comment ?

Le Bureau du plan a fait ses calculs : la trafic rail devrait croître de 60 %, celui des bateaux de 32 % et le transport par la route devrait augmenter de 25 % par camionnette et de 20 % par camion. Avec tous les problèmes de mobilité que cela implique. Car aujourd’hui déjà, le réseau routier belge est totalement saturé ! Le moindre incident provoque d'interminables bouchons. Selon la Fédération Entreprises de Belgique, tous ces embouteillages coûtent chaque année plus de 4 milliards d'euros à notre économie

Comment éviter la congestion ?

Pour Samuel Saelens, expert mobilité à l'Union wallonne des Entreprises, cette situation, si aucune mesure n’est prise, va conduire à une grave asphyxie et il faut impérativement mettre en œuvre plusieurs types de solutions avec un objectif prioritaire : diminuer le poids du transport routier : "Il y a des actions à mener sur l’infrastructure, sur l’optimalisation de son utilisation. Des mesures sur les véhicules qui seront plus long et capables de transporter davantage de marchandises mais plus respectueux aussi de l’environnement.  Mais aussi une réflexion sur les marchandises elles-mêmes. Que transporte-t-on ? Est-il nécessaire de les transporter ? ne peut-on pas mieux mutualiser le transport ? ce sont les quatre axes de réflexion sur lesquels les autorités politiques doivent absolument mettre en œuvre si l’on veut éviter la congestion."

Le transport routier représente l’essentiel du transport de marchandises. 300 millions de tonnes en 2017. Et c’est là que l’on peut agir déjà concrètement. Certains pays comme les Pays-Bas ont opté depuis 10 ans pour les éco-combis, appelés aussi VLL pour véhicules longs et lourds, sortes de super-camions comme ceux que Laurent Van Mieghem vient d'acheter pour sa société de transport basée à Saintes, dans la Brabant wallon : "Nous avons acheté un premier VLL l’an dernier. Et le bilan est positif. Grâce à ce camion de 25m50 de long, nous pouvons transporter un tier en plus de marchandises. Et il ne consomme que 2 litres de plus qu’un semi-remorque normale. Nous réalisons un gain de productivité de 10 % tout en polluant moins. Et on fait gagner de l’espace avec moins de véhicules sur les routes.   Et sur le plan commercial, il y a de plus en de demande pour ce type de transport. Nous avons d’ailleurs acheté un second VLL qui entre en fonction ce mois-ci. Les freins administratifs provoqués par une législation différente entre les 3 régions du pays sont en train de disparaître. Il n’y a plus que la traversée de la région bruxelloise qui pose un problème. Nous roulons désormais chaque jour vers les Pays bas par exemple. Le VLL ne va pas remplacer tous les autres camions mais c’est un marché prometteur et quoi va se développer", estime Laurent Van Mieghem.

Un "faux" progrès environnemental

Mais Pierre Courbe : expert Mobilité Inter Environnement Wallonie ne partage pas cet enthousiasme. : "Pour des trajets bien déterminés, le VLL présente effectivement des avantages. Plus de marchandises transportées par moins de véhicules, c’est de la pollution en moins. Mais qu’on risque d’assister à un effet rebond. D’une part, les VLL utilisés sur de longues distances vont concurrencer le transport par rail et par voie navigable qui sont beaucoup plus durables.  25 % en plus de marchandises, c’est une catastrophe écologique annoncée car finalement, la seule vraie façon de régler le problème sera de consommer moins de marchandises pour en transporter moins", conclut Pierre Courbe.

Si la Région wallonne veut atteindre son objectif zéro émission de carbone d’ici 2050, c’est la seule vraie solution.

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