Accident d'un train de marchandises à Schellebelle: 1 mort et 17 blessés

Accident d'un train de marchandises à Schellebelle: une erreur humaine ?
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Accident d'un train de marchandises à Schellebelle: une erreur humaine ? - © BELGA / BENOIT DOPPAGNE

Le plan catastrophe provincial était toujours d'application samedi après-midi à la suite de l'explosion, dans la nuit de vendredi à samedi, de wagons d'un train de marchandises entre Schellebelle et Wetteren. Selon un dernier bilan 17 blessés, dont 3 dans un état grave. Cinq-cent personnes ont été évacuées. Le train aurait vraisemblablement déraillé parce qu'il roulait trop vite.

Le service de presse de la province de Flandre orientale a annoncé peu avant 18h dans un communiqué un nouveau bilan : 17 blessés et un seul décès. Une annonce qui contredit ainsi l'information livrée un peu plus tôt par le gouverneur de Flandre orientale qui faisait état de deux morts et quatorze blessés parmi les résidents locaux.
 
Rien ne permet pour l'instant de faire un lien direct entre le décès et l'accident de train. Une enquête est ouverte. Les blessés ont pour leur part été admis dans différents hôpitaux de Alost, Zottegem et Gand.
 
La ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet, qui s'est rendue sur place précise : "Il y a deux problèmes. Il y a, à la fois, les wagons qui ont déraillé avec ce produit chimique et qui sont en feu. Donc là, il y a toute la problématique de l'intoxication liée à la fumée. Le feu est sous contrôle mais cela va encore brûler un certain temps.
 
Le produit chimique a filtré dans les égouts
 
La ministre précise : "il y a eu après une autre réaction puisqu'une partie du produit chimique s'est immiscée dans les égouts et généré une sorte de réaction chimique avec des gaz qui sont toxiques et qui sont sortis dans certaines rues des égouts. Et donc au-delà du périmètre qui avait déjà été évacué à cause du feu (plus ou moins 300 personnes), on a dû évacuer plusieurs dizaines d'autres personnes des différentes rues à cause de ces émanations toxiques venant des égouts".
 
Toujours selon Joëlle Milquet, les blessés auraient tous été victimes de ces émanations toxiques sortant des égouts. Mais ils ne sont pas dans un état critique, affirme-t-elle. 
 
Le périmètre de sécurité a été élargi
 
Vu le risque d'explosion, un périmètre de 500 mètres avait été établi dans un premier temps. Il a finalement été élargi à un kilomètre. Cinq rues supplémentaires dans le centre de Wetteren ont donc été évacuées. Les autres se sont vu conseiller de garder portes et fenêtres fermées et de rester confinées. L'évacuation des maisons de repos a été préparée aussi, mais selon le gouverneur, ce n'est plus à l'ordre du jour. 
 
Le nettoyage des égouts pourrait avoir provoqué une réaction chimique. Le gouverneur de Flandre orientale, Jan Briers, se veut malgré tout rassurant (écoutez ci-dessus). Selon lui, tout danger est écarté pour l'instant. Les habitants évacués ne peuvent toutefois pas rentrer chez eux, du moins tant que l'incendie est toujours en cours. Un risque est toujours possible.
 
Il est demandé, par précaution, d'éteindre les systèmes de ventilation dans le centre de Wetteren, à Schellebelle et à Serskamp. L'eau courante n'étant pas reliée au système d'égouts, cela ne pose pas de problème pour la santé, précise le service de presse. Il est conseillé, préventivement, de ne pas consommer l'eau des puits ou des nappes phréatiques.
 
Acrylonitrile
 
Les wagons en feu contiennent de l'acrylonitrile, un produit chimique liquide inflammable et très toxique car dégageant un gaz proche du cyanure. Les pompiers ont laissé brûler les wagons de manière contrôlée. C'était l'option la plus sécurisée car les opérations d'extinction étaient susceptibles de dégager davantage des vapeurs toxiques.
 
Des valeurs négatives ont par ailleurs été relevées lors du nettoyage des égouts où de l'eau provenant des opérations d'extinction s'est écoulée. On pensait initialement que seuls les égouts contenaient des vapeurs toxiques qui provenaient de l'eau des opérations d'extinction. Afin d'évacuer les vapeurs des égouts, la station d'épuration a été arrêtée et les égouts nettoyés. Des mesures ont maintenant révélé des valeurs négatives en certains endroits au-dessus du sol.
 
Le choc et l'explosion
 
C'est dans la nuit de vendredi à samedi que l'accident a eu lieu. Le train venait des Pays-Bas et se rendait à Gent-Zeehaven, le port maritime de Gand. Vers 02H00 du matin, le conducteur d'un train de B-Logistics a donné le signal d'alarme. Six des treize wagons ont déraillé : deux se sont couchés et trois ont pris feu. Le plan catastrophe provincial a été déclenché à la suite de cet accident. Le choc a provoqué une explosion, puis une lame de flammes s'est propagée sur plusieurs centaines de mètres. Les images tournées dans la nuit par un riverain et diffusées par les journaux télévisés (voir vidéo ci-dessous) sont spectaculaires.
 
Le trafic ferroviaire a été interrompu entre Schellebelle et Wetteren, et des perturbations sont attendues pendant deux jours. La SNCB a prévu un système de navettes d'autocars pour les passagers ainsi que des déviations de trains.
 
RTBF

L'accident s'est produit après le changement de voies

L'accident du train de marchandises à Wetteren s'est produit après le passage d'une voie à une autre, avant une zone de travaux. Frédéric Petit d'Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire, a souligné samedi que le déraillement n'est pas lié à ces travaux. "Des travaux aux voies étaient prévus durant la nuit et ils se sont déroulés conformément aux dispositions de sécurité", précise Frédéric Petit.
 
"Une erreur s'est produite à un aiguillage mais l'endroit où elle a eu lieu doit encore être étudié. Il y a de fortes indications que le conducteur néerlandais du train allemand de marchandises n'a commis aucune faute", a expliqué le gouverneur. Selon d'autres sources, il semblerait que le train roulait à du 80km/h à la place des 40km/h obligatoires. Une erreur humaine pourrait donc être envisagée.
 
Le porte-parole d'Infrabel Frédéric Petit n'a pas voulu faire de commentaires sur la cause de l'accident. L'administrateur-délégué de la SNCB Marc Descheemaecker est sur place.
 
Un numéro de téléphone pour informer les citoyens
 
L'administration communale a ouvert un numéro de téléphone d'information pour la population, le 09/365.73.83. La commune informe également les citoyens via son site web. Par mesure de précaution, le centre de crise a été déplacé de Wetteren vers Wichelen. 

Toutes les activités extérieures dans le centre de Wetteren ont été annulées.

Le trafic ferroviaire interrompu durant minimum deux jours

 

Le trafic ferroviaire à Wetteren sera interrompu au moins deux jours à la suite de l'explosion de wagons-citernes d'un train de marchandises entre Schellebelle et Wetteren, a indiqué samedi matin le gouverneur de Flandre orientale Jan Briers lors d'une conférence de presse à Wetteren. Infrabel estime que les perturbations du trafic ferroviaire dureront toute la semaine. 
 
La SNCB a prévu un système de navettes de bus pour les passagers ainsi que des déviations de trains. Entre Gand-St-Pierre et Alost et entre Gand-St-Pierre et Termonde, des navettes de bus seront mises à disposition des passagers. Les trains entre La Panne et Bruxelles-nord seront déviés via la ligne 50A tout comme ceux circulant entre Gand-St-Pierre et l'aéroport de Bruxelles-National. 
 
Avec Belga
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