Exploration de Mars : la Nasa a posé sans encombre son rover Perseverance sur la planète rouge

Le rover Perseverance a atterri sur le sol martien après sept mois de voyage, a annoncé jeudi l’agence spatiale américaine, une réussite éclatante pour la Nasa qui marque le début d’une mission de plusieurs années.

"Atterrissage confirmé !", s’est exclamée Swati Mohan, en charge du contrôle des opérations. Dans la salle de contrôle du Jet Propulsion Laboratory, à Pasadena en Californie, les équipes présentes ont explosé de joie au moment de la confirmation.

Le cratère de Jezero, dont les scientifiques pensent qu’il contenait il y a 3,5 milliards d’années un lac, était le site d’atterrissage le plus périlleux jamais tenté par la Nasa. Perseverance sera chargé d’y collecter des preuves de vie ancienne sur Mars.

une prouesse technologique pour la NASA

Pascale Bollekens, journaliste à la rédaction de la RTBF et spécialiste des questions scientifiques, était ce jeudi matin l’invitée de Matin Première pour détailler cette mission inédite.

"C’est une prouesse technologique pour la NASA, car c’est une grue volante, Sky Crane, qui tient le rover par le dessus et qui, à une vingtaine de mètres de la surface, va le déposer délicatement, on l’espère, sur ses quatre roues".

Qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir aller sur Mars ?

"Tout le monde veut y aller tout simplement parce que c’est la planète voisine la plus proche, mais plus loin du Soleil que l’autre voisine, Vénus, où il fait décidément trop chaud, 450 degrés. Sur Mars, c’est un peu plus sympa, mais ça reste quand même assez froid, de moins 150 à plus 20 degrés.

Il y a aussi un peu de géopolitique derrière tout ça. Des États comme la Chine ou les Émirats arabes unis veulent prouver qu’ils sont capables d’atterrir sur Mars. Tout le monde ne peut pas le faire. Pour le moment, il n’y a que les Américains qui l’ont réussi. Même l’Europe ne l’a pas réussi. Alors, pour être quoi ? Pour être reconnu comme puissance spatiale.


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Enfin, le privé s’y met aussi. Elon Musk a déjà promis d’y emmener des humains en 2024.

Mais on veut aussi y aller parce qu’elle est surtout très intéressante pour la science. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas là-bas, comme sur Terre, une tectonique des plaques, c’est-à-dire les continents qui bougent les uns par rapport aux autres. La surface est donc perpétuellement renouvelée et on a très peu de traces des débuts de notre système solaire il y a plus de 3,5 milliards d’années. Sur Mars, rien ou quasi rien n’a bougé en surface. […] C’est un grand livre d’histoire à ciel ouvert.

[…]

Comment son atmosphère s’est échappée ? Comment l’eau a disparu en surface ? On soupçonne des impacts de comètes, mais il y a aussi le champ magnétique qu’elle avait, comme la Terre, et il s’est éteint il y a environ quatre milliards d’années, aux premiers temps du système solaire. Or, c’est lui qui nous protège des rayons cosmiques et de l’érosion due au vent solaire."

Des découvertes ont été faites, mais il reste des questions…

"On a plusieurs fois cru observer des traces de vie, comme en 1996, avec ce qui ressemblait à des traces fossiles de vie dans une météorite. Aujourd’hui, rien n’est toujours confirmé.

Au début des années 2000, il y a aussi eu effervescence, car on a découvert du méthane dans son atmosphère. Or, c’est un gaz qui disparaît après 200 ans. Donc, s’il est toujours là, sa source était peut-être reliée à la vie. Malheureusement, toutes les missions martiennes suivantes n’ont jamais pu détecter de méthane."

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