Examen d'entrée en médecine: consultation des copies sous (très) haute surveillance

Mardi dernier, les candidats qui ont passé l'examen d'entrée en médecine ont pu consulter leur copie. Une consultation qui s'est faite sous surveillance dans un cabinet d'huissiers. Chrono en main, les étudiants avaient 25 minutes pour relire leurs réponses. Des conditions qui mécontentent plusieurs étudiants dont certains se sont confiés à nous.

Note d'exclusion

Parmi eux, celui que nous appellerons Martin. Trentenaire en reconversion professionnelle, il souhaite aujourd'hui garder l'anonymat. Le 5 septembre dernier, il faisait partie des 2444 candidats à passer l'examen d'entrée. Mais après s'être préparé pendant un an et demi, il échoue de peu.

"Il m'a manqué une bonne réponse en mathématique. Une réponse sur quinze. Il faut avoir 8 de moyenne dans toutes les matières, donc le fait d'avoir cette réponse qui me manque ça fait que j'ai une note d'exclusion en mathématique", nous confie-t-il.

Le temps d'attente est plus long que le temps de consultation

Comme c'est prévu par la loi, il fait alors les démarches pour consulter sa copie. Cette visite ne se fait pas à l'ARES, l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur qui organise l'examen, mais dans un cabinet d'huissiers mandaté. Dans des conditions qui interpellent Martin.

"On vous fait attendre dans une salle où on vous prend déjà votre carte d'identité et où on vous attribue un numéro d'ordinateur, raconte le jeune homme. Ensuite vous ressortez et vous attendez environ une demi-heure. Le temps d'attente est donc plus long que le temps de consultation".

Gérer le chrono

Parce qu'une fois face à sa copie, Martin doit aller vite. À sa disposition, 25 minutes de consultation pour un examen qui a duré 6 heures.

"Vous avez 60 questions et il y a des textes, etc. Donc si vous voulez vérifier un peu dans les détails, il y a des textes qui font une page et demie ou deux pages, le temps de lire ça, de regarder la question, de revenir, voilà, vous avez intérêt à bien gérer le chrono" regrette-t-il.

Objectif technique et non pédagogique

Pour Martin, les candidats recalés n'ont ni le temps, ni les moyens d'exercer pleinement leur droit de consultation. Une manière selon lui de se prémunir d'éventuels recours. Mais l'ARES rejette cette lecture. Benjamin Stewart, responsable communication, précise d'ailleurs que sur les 200 étudiants venus consulter leur copie, plus de la moitié est partie avant la fin du temps imparti.

"La visée de cette visite des copies n'est pas une visée pédagogique, ajoute-t-il, c'est une visée d'ordre d'avantage technique pour vérifier si la manière dont les candidats ont été cotés à l'examen d'entrée est exacte et correspond effectivement aux réponses qu'ils ont apporté dans le cadre des questionnaires".

Question litigieuse

Toujours est-il que Martin a décidé de saisir un avocat, car selon lui une question serait litigieuse. "Le libellé de la question n'est pas correct parce que l'alignement des chiffres de la formule mathématique n'a pas été respecté, explique Maître Ronald Fonteyn. Et si cette question était annulée, ces étudiants auraient mathématiquement réussi leur examen".

Et cela sauverait plus d'un étudiant puisque ceux-ci ne peuvent passer l’examen d’entrée en médecine que deux fois au cours de cinq années académiques. S'ils ont échoué en 2017 et en 2018, ils devront donc attendre 2023 pour une nouvelle tentative. De quoi décourager certains de se représenter.

Un examen qui reste de toute façon très sélectif. En septembre, 2444 candidats se sont présentés. Seuls 454 l'ont réussi, soit un taux de réussite de 18%.

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