Evasion fiscale: le tour de Bruxelles en bus pour dénoncer les fraudeurs

Le bus pour la transparence fiscale a fait le tour de la capitale ce vendredi
Le bus pour la transparence fiscale a fait le tour de la capitale ce vendredi - © RTBF

Un bus a démarré ce vendredi matin avec à son bord des personnes engagées et convaincues de l'importance de la transparence fiscale. Et histoire de faire passer message et arguments, elles ont entrepris une visite guidée avec arrêts dans des lieux symboliques à Bruxelles.

Membres de syndicats ou d'associations actives dans le secteur social, ils ont pris le bus pour une petite excursion de début d'année.Ce vendredi, ils ont participé à une visite guidée de la capitale, à la découverte de ceux qui profitent de l'évasion fiscale ou qui sont là pour la favoriser.

Parmi les endroits visités, ce que l'on surnomme le square des milliardaires, une rue privée où vivent retranchées des personnes fortunées.

"C’est un lieu qui représente l’inéquité organisée, qui n’est pas le fruit du hasard, car ils représentent cette organisation systématique qui permet à celui qui a déjà des moyens de pouvoir investir, de retirer du profit de ses investissements et donc de grossir ses moyens et ainsi de suite ", explique Christine Mahy, la présidente du réseau de lutte contre la pauvreté. "Faire ça, c’est retirer des moyens à d’autres " ajoute-t-elle.

"Moins taxer le travail et beaucoup plus les revenus du capital"

Alors, le réseau pour la justice sociale réclame une autre manière de taxer les gens.

Claude Rolin, secrétaire général de la CSC interroge : "Est-il normal qu’un euro gagné à la sueur de son front contribue beaucoup au fonctionnement de la société alors qu’un million d’euros gagné en faisant des clics derrière un ordinateur et en spéculant sur les marchés boursiers échappe à cette fiscalité ?". Pour lui la réponse est sans détour : "Non, il faut changer cela !"

De son coté, Anne Demelenne de la FGTB estime que des pas ont été faits : "C’est vrai que maintenant on parle enfin de la lutte contre la fraude fiscale, on parle enfin de taxer beaucoup plus certains dividendes et autres", mais elle ajoute que "c’est nettement insuffisant et pour nous on doit beaucoup moins taxer le travail et beaucoup plus les revenus du capital et nous comptons y arriver avec une véritable réforme fiscale en 2014".

Daniel Puissant, secrétaire du réseau pour la justice fiscale justifie l’un des autres arrêts de cette visite guidée devant les bureaux d'un avocat fiscaliste " Avec toute une série d’autres acteurs comme les banques et les société de consultance, les avocats fiscalistes organise l’évasion fiscale via les paradis fiscaux. La Banque nationale en évalue le coût à 64 milliards d’euros par an".

Les manifestants ont poursuivi leur chemin en passant par une banque d'affaire et une société de consultance qui, selon les critères du réseau pour la justice sociale organise l'évasion fiscale.

Jean-François Noulet avec Grégoire Ryckmans

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