Euthanasie: la Belgique issue de secours des malades européens

L’écrivaine Anne Bert a décidé de mourir en Belgique. Elle le dit dans son dernier livre "Le tout dernier été" qui sortira dans moins d’un mois. A nos confrères de France Inter, elle assénait il y a quelques jours : "La France se déleste de sa responsabilité sur la Belgique".

Jacqueline Herremans partage son point de vue. "C’est dans le pays de ces patients que la solution doit être trouvée et pas chez nous". Elle est membre de la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie en Belgique, et par ailleurs présidente de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité.

Ce serait impossible à gérer

"Le médecin qui pratique en Belgique doit déjà faire face à des demandes de patients résidant en Belgique. Et on sait que c’est un cheminement qui va exiger de puiser en soi beaucoup d’énergie, de connaître des moments d’émotions. Si on prenait en considération toutes les demandes des patients qui nous viennent de l’étranger, ce serait impossible à gérer au point de vue de la pratique médicale en Belgique. Donc la première chose qui doit être faite, d’urgence, c’est qu’il y ait un débat dans les pays d’où viennent ces patients et qu’il y ait aussi une solution".

L’Association pour le droit de mourir dans la dignité reçoit chaque jour des demandes d’information de patients étrangers concernant l’euthanasie. Mais elles sont loin de toutes aboutir. "Pour les cas psychiatriques, nous leur disons qu’il n’y a aucun espoir. Pour les personnes âgées non plus. Dans ces deux cas, il faudrait faire de trop nombreux aller-retour pour rencontrer les médecins chargés de la procédure". Pour Anne Bert, cette procédure a débuté au mois de décembre et est en passe seulement d’aboutir. "Venir avec sa petite valise à l’hôpital et demander une euthanasie est impensable. Même si l’on a connu des cas de ce type".

Pratiquer une euthanasie n’est pas un acte anodin

Les médecins tissent une relation thérapeutique avec leurs patients, doivent exceller dans l’art de la communication, et sont soumis à de fortes émotions. On comprend dès lors pourquoi les médecins belges ne pourraient en aucun cas assumer les demandes d’euthanasie venant des pays européens où l’euthanasie est interdite (soit toute l’Europe, sauf les Pays-Bas et le Luxembourg).

Il faut éviter un appel d’air

Pour Jacqueline Herremans, "il serait inhumain de ne pas entendre certaines demandes d’euthanasie mais il faut également éviter un appel d’air et que l’on ne puisse même plus répondre d’une façon correcte aux patients belges, et qu’en quelques sortes aussi, notre loi soit discréditée".

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