Euthanasie des mineurs: "Le doigt est mis dans un engrenage"

L'évêque de Liège Jean-Pierre Delville
L'évêque de Liège Jean-Pierre Delville - © Archivee RTBF

Pour l'évêque de Liège, la loi qui devrait étendre l'euthanasie aux mineurs "est purement idéologique": dans les situations extrêmes, "les médecins sont capables de prendre les décisions qui s’imposent". Un changement de législation est "dangereux", dit-il à la RTBF.

L’évêque de Liège Jean-Pierre Delville craint le "manque d’humanité" dont fait preuve l’Europe en limitant l’accueil des immigrés venant d’Afrique : "C’est un risque parce que l’Europe est à la base multiculturelle, or la vitalité de notre société dépend de facto des étrangers qui arrivent. Nous ne pouvons pas simplement dire qu’il y a trop d’étrangers : ils font partie du dynamisme culturel de l’Europe. On demande parfois qui paiera nos pensions plus tard ; je réponds que, s’il y a des jeunes étrangers qui travaillent, ce sont eux qui paieront nos pensions. Donc il faut qu’il y ait un accueil par rapport à cette population jeune, dynamique, mais qui est parfois bloquée" explique-t-il au micro de Bertrand Henne.

Engrenage

L’évêque est "déçu" par la probable future extension de la loi sur l’euthanasie aux mineurs : "Le doigt est mis dans un engrenage. A partir du moment où on dit que des enfants peuvent obtenir l’euthanasie, on leur donne un poids sur les épaules qui dépasse leur force. Et on ne sait pas où on va arrêter ce type de chose : les enfants malades psychiquement pourraient le demander, pourquoi pas les enfants handicapés physiques, et bientôt les personnes âgées et les prisonniers dans les prisons… Où va-t-on s’arrêter?"

Par ailleurs, selon Jean-Pierre Delville "la même loi existe depuis des années aux Pays-Bas mais il n’y a eu aucune demande. A quoi sert une loi pour une situation où il n’y a aucune demande ? C’est purement idéologique. Pourquoi faire une loi qui enfreint une dimension fondamentale, le respect de la vie ? Nous savons très bien que les médecins sont capables, dans les situations extrêmes, de prendre les décisions qui s’imposent. Mais la loi va forger dans les concepts le principe que l’on peut supprimer la vie humaine. Cela devient franchement dangereux".

A.L. avec B. Henne

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