Europe: le WWF demande le gel des enchères de quotas de CO2

Les acheteurs, en l'occurrence les représentants des grands secteurs industriels, ont finalement emporté mardi la tonne pour 3,59 euros, soit à peine le prix d'un hamburger. "Le prix était encore plus bas il y a quelques semaines et est actuellement de 5,10 euros", précise Sam Van den Plas du WWF. Pour que ce système remplisse sa mission (inciter les entreprises à moins polluer et à investir dans les technologies vertes), il faudrait un prix de 30 euros par tonne de CO2.

Principal instrument des engagements climatiques européens, le marché des quotas de CO2 est en pleine crise existentielle: le prix de la tonne de carbone est donc tellement bas qu'il n'incite pas les entreprises à investir dans les technologies vertes, ni à émettre moins de CO2. Cette évolution se manifeste notamment par un regain d'importance du charbon dans le mix énergétique.

Le mois dernier, la commission de l'Environnement du Parlement européen soutenait un gel des mises aux enchères de quotas de CO2. La mesure devrait permettre de faire remonter le prix du carbone, et d’inciter les entreprises à moins polluer. Le 16 avril, le parlement européen aura à se prononcer sur une proposition de la Commission qui retarderait la mise aux enchères de crédits carbone, explique Sam Van den Plas. "Il est important qu'elle soit approuvée afin que l'offre et la demande puissent être recalibrées." La proposition devra encore, ensuite, passer par les Etats membres.

Système inefficace

Dans le chat de la rédaction, Sam Van den Plas a expliqué pourquoi le prix de la tonne de carbone est si bas: "Tout d'abord, la crise économique n'était pas prévisible en 2007 quand le système a été mis en place. Ensuite, il y a eu une surallocations des quotas pour les entreprises par les Etats membres. Entre 2008 et 2012, les Etats membres étaient responsables pour leurs plans d'allocation nationaux. Ceux-ci ont été très...même trop généreux dans le nombre de quotas alloués à leurs entreprises, ce qui a entrainé un surplus de 1,5 milliard de tonnes de CO2. Cela diminue le signal prix et le système se retrouve inefficace pour les 10 prochaines années".

Ne peut-on pas obliger les entreprises à utiliser l'argent gagné en vendant les "permis de polluer" à faire des investissements verts? Pour Sam Van den Plas, "dans un monde idéal oui, mais actuellement, rien n'oblige les entreprises et les Etats membre à le faire. Dans certains pays comme l'Allemagne, les dirigeants ont garanti que les revenus des mises aux enchères des émissions de CO2 étaient réinvestis dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. La Belgique n'a pas encore décidé. Le WWF demande que la Belgique suive le bon exemple allemand".

Relisez ci-dessous le chat avec Sam Van den Plas du WWF.

RTBF

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