Euro 2016 en demi-teinte: les opérateurs de paris sportifs se frottent les mains

Avant la finale de l'Euro 2016, les Français faisaient figure d'archi-favoris. Pas un spécialiste ne donnait cher de la peau des Portugais, d'ailleurs chez les bookmakers, la côte de la Selecção tournait autour des 1 contre 12. Une mise modeste sur une victoire des partenaires de Cristiano Ronaldo pouvait donc rapporter gros.

Pourtant, au moment de faire le bilan du tournoi, les opérateurs de paris sportifs se frottent les mains. Les nombreux joueurs qui ont parié sur une victoire de la France sont repartis déçus mais ont rapporté gros face aux faibles mises sur le Portugal : "Rien que sur la finale de dimanche soir, nous avons pu dégager une marge d'à peu près 25%, explique Yannik Bellefroid, retail operator chez Ladbrokes. De manière générale, le tournoi s'est avéré assez positif pour notre activité". 25% sur plusieurs milliers de paris, un sacré bénéfice.

Des matchs nuls qui rapportent gros

Avec 16 matchs nuls pour 51 rencontres, l'Euro 2016 a été avare en spectacle, mais, pour les opérateurs, c'est une véritable bénédiction : "Nous faisons une bonne partie de nos marges avec les matchs nuls, car les parieurs veulent toujours voir une victoire, ils veulent parier sur une équipe et pas sur un score neutre, détaille Romain Masschelein, assistant-trader. Vu que peu des personnes parient sur ces scores, dès que le match finit sur un score de parité, nous gagnons l'argent des deux côtés tout en ne redistribuant les gains qu'à un petit nombre de gagnants".

Une bonne affaire donc, surtout que le parieur ne fait généralement pas dans l'analyse à froid des qualités et défauts de chaque équipe, mais mise plutôt avec son cœur : "Les gens votent de manière patriotiques. Quand la Belgique gagne, nous faisons une mauvaise opération parce que tous les Belges ont pariés sur eux. Pareil en France s'ils avaient emportés la coupe, les opérateurs français auraient fait grise mine", explique Romain Masschelein.

Jamais perdants

Mais le rôle des bookmakers reste de calculer au mieux, d'analyser les moindres variables et de prendre le moins de risques possible. Contre des parieurs plus instinctifs que réfléchis, ils tirent évidemment leur épingle du jeu: "Nous travaillons sur du long terme, argumente Yannik Bellefroid. Au final, nous essayons d'anticiper au mieux pour atteindre nos objectifs de marge. Les joueurs parient contre nous, parfois ils gagnent, parfois c'est nous. Mais si les bookmakers ont bien travaillé, nous emportons la mise plus souvent que les parieurs. C'est comme ça qu'on existe. Si nous perdions tout le temps, nous ne serions pas là".

Car au final, les paris sportifs, c'est comme au casino, la banque emporte toujours la mise à la fin.

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