Exposition aux pesticides: la Fédération wallonne de l'agriculture et Carlo Di Antonio réagissent

Exposition aux pesticides: la Fédération wallonne de l'agriculture et Carlo Di Antonio réagissent
2 images
Exposition aux pesticides: la Fédération wallonne de l'agriculture et Carlo Di Antonio réagissent - © Tous droits réservés

La Fédération wallonne de l'agriculture se défend face à l'étude coordonnée par ISSEP qui a mesuré l'exposition de ces populations rurales aux pesticides dans les heures et les jours qui suivent les pulvérisations. Des résultats inquiétants pour les habitants. Le ministre wallon de l'Environnement envisage des pistes de renforcement des règles.

La FWA se défend après l'annonce des résultats de l'étude de l'ISSEP ce mardi matin. Les recherches ont démontré que lors d'une pulvérisation, l'essentiel de la pollution se passe durant les deux heures qui suivent mais que d'autres produits se déposent ou flottent à proximité directe et notamment... dans les cours de récréation parfois jusqu'à 24h plus tard.

Bernard Decock, coordinateur "cellule environnement" à la Fédération wallonne de l'agriculture, s'étonne de l'orientation donnée aux recherches : "Il y a des produits qu'on retrouve dans cette étude qui n'ont jamais été  agréés en Belgique... Comment se retrouvent-ils là ? L'étude n'y répond pas et ne cherche même pas à y répondre". La FWA ne tente pas selon lui à se déresponsabiliser mais demande qu'on reconnaisse les efforts du secteur : "Globalement il y a une pollution ambiante due à l'activité humaine, je ne dis pas que l'agriculture n'a pas sa part de responsabilité mais je ne voudrais pas qu'on fasse le haro sur l’agriculteur qui travaille dans le respect de la législation et du voisinage et qui fait tout pour limiter l'impact". 

Selon lui, il est d'ailleurs trop tôt pour renforcer les mesures vu la nature de l'étude : "Cette étude s'oriente directement vers la recherche de produits dans ce qu'on appelle les "worst case scénarios", les capteurs sont orientés dans le sens des vents pour être certains de capter les produits. En plus, l'étude ne porte que sur un an et sur une année 2018 exceptionnelle vu la sécheresse et quand il fait chaud, les produits sont davantage volatils... Il est trop tôt pour tirer des conclusions en un an seulement".

L'Institut scientifique de service public estime dans un rayon de 10 mètres autour du champ, les risques pour la santé ne peuvent être exclus et qu'il faudrait éviter la pulvérisation à moins de 10 mètre de tout lieux habité.  

Di Antonio et le principe de précaution

Carlo Di Antonio, le ministre wallon de l'Environnement, se réjouit malgré tout des mesures déjà prise récemment, efficaces selon l'étude, pour limiter l'impact de ces produits lors de la pulvérisation : "On a pris un arrêté l'année dernière et l'étude valide ces dispositions comme l'utilisation de systèmes anti-dérive sur le pulvérisateur qui fait en sorte que les produits sont maintenus au sol". Mais les résultats imposent quand même une grande prudence et le renforcement, sans doute, de certaines mesures : "Les quantités sont faibles mais on ne connaît pas exactement l'effet de ces produits sur la santé humaine. Je pense qu'il y a deux pistes de travail, d'abord la force du vent, même entre 15 et 20km/h, la dissémination des produits peut arriver bien au-delà de la zone qu'ils doivent traiter. Ensuite au niveau des distances dans les 5 à 10 mètres près d'une maison, il y a un risque que les produits se retrouvent dans votre jardin".

Journal télévisé 26/03/2019

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK