Etre une femme artiste, c'est d'abord un combat pour être reconnue comme artiste

Exposition de Nikki de Saint Phalle (1930-2002) à Jena, en Allemagne
Exposition de Nikki de Saint Phalle (1930-2002) à Jena, en Allemagne - © Belga

Les femmes artistes, les artistes femmes, c’est une grande omission de l’histoire. Les créatrices, fort heureusement, gagnent la reconnaissance des musées et des galeries, mais le combat est loin d’être terminé pour autant.

Pourquoi se demande-t-on toujours comment était l’homme qui, à la lumière vacillante de sa petite lampe, s’est engouffré dans les entrailles de la Terre pour couvrir d’animaux et de couleurs la grotte de Lascaux, d’Altamira ou de la Chauvet au paléolithique ? On cherche bien sûr toujours l’homme artiste. Mais pourquoi ne pas imaginer qu’il s’agit d’une femme ou qu’il s’agirait d’une femme ?  C’est une petite boutade, car il faut bien l’admettre, ça, c’est une réalité historique. Les femmes artistes ont passé des siècles dans l’ombre, ou pire, ont été confinées à certaines disciplines : la broderie ou les fleurs. Mieux encore, l’Histoire les a invisibilisées car, disons-le, comme le cerveau de la femme n’est pas différent de celui de l’homme, la pulsion artistique existe autant chez les femmes que chez les hommes. Il y a toujours eu des femmes artistes, mais on a ignoré leur travail.

Encouragées dans la broderie ou la peinture de fleurs

Il y a bien des grands noms de femme parmi les artistes, mais on les compte sur les doigts d'une main. Celles que l’Histoire retient, que la mémoire collective retient : Christine de Pizan, Camille Claudel, Berthe Morisot, vaguement Suzanne Valadon, plus contemporain bien sûr, Louise Bourgeois, Niki de Saint Phalle, Sophie Calle… Les femmes engagées. Mais en fait, les femmes étaient encouragées jusque dans les années 50 à s’exprimer très gentiment dans la broderie, la peinture de fleurs ou les portraits d’enfants. Jusqu’au début du XXe siècle, les femmes n’avaient pas d’accès à l’enseignement artistique.

On ne peut pas dire non plus que les musées regorgent d’œuvres de femmes. Au Louvre par exemple, une étude a calculé : il y a 42 peintures exécutées par 28 femmes sur un total de 5387 œuvres, soit 0,78 %. Même le fondateur du Bauhaus, ce mouvement novateur allemand prisé pour ses lignes pures et sa révolution de la conception du travail en équipe, Walter Gropius, disait que la femme ne pouvait penser qu’en deux dimensions. Même chez les artistes, il y avait un bastion masculiniste.

L’art a été un bastion masculin, mais depuis les années 60, ça bouge. Être une femme artiste, c’est de la lutte, du combat pour être d’abord une artiste, un artiste tout court. Alors aujourd’hui, petite pensée pour les femmes photographes, photographes de guerre, sculptrices, bref on pense aussi au peinteresses.

À l'occasion de ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes, la RTBF se mobiliseet propose une journée spéciale sur La Première, dans ses rendez-vous d’information et une soirée thématique sur La Trois.

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