Etre famille d’accueil, même en temps de pandémie : un geste solidaire, un projet de vie

Ils sont environ 600. Chaque année, en Fédération Wallonie-Bruxelles, 600 enfants, entre 0 et 12 ans sont dans l’attente d’une famille d’accueil. Un manque récurrent. Parce que l’accueil reste méconnu, et qu’on le confond souvent avec l’adoption. Cette période de pandémie, a-t-elle aggravé encore la situation ? Elle a compliqué les choses, mais a fait émerger aussi de nouvelles solidarités.

"C’est une tendance qu’on observe", explique le porte-parole de la Fédération des Familles d’accueil, et directeur d’Alternatives Familiales Guy De Backer : "Mon interprétation, devant le nombre de personnes qui prennent des renseignements et se proposent, c’est que la pandémie a provoqué des remises en question. Quel est mon but dans la vie ? Qu’est-ce que j’ai envie de faire, de laisser sur cette terre ? Aider un enfant à bien grandir, c’est un projet de vie".

Pas un coup de tête

Un geste citoyen que des familles ont voulu poser, en se lançant dans des démarches de renseignements. Et cela, que ce soit pour de l’accueil d’urgence, à court terme, ou à plus long terme. Mais bien sûr, cela ne se passe pas sur un coup de tête.

Du premier contact avec une association à l’accueil en famille, il peut se passer plusieurs mois. 6 mois en moyenne : renseignements, entretiens individuels, visites dans le cadre familial… Jusqu’au feu vert, ou rouge.

Ensuite, cela peut aller très vite : "Pour des enfants très jeunes, c’est le plus facile. Plus âgés, cela peut prendre de 2 à 4 mois, avec des rencontres dans le lieu de vie de l’enfant, des visites, puis une nuit passée en famille, tout cela progressivement, au rythme de l’enfant. Ce qui compte, c’est l’enfant : c’est lui le baromètre", explique encore Guy De Backer.

Vu le temps que cela prend, il faudra voir si les demandes de renseignements enregistrées largement en hausse actuellement se transformeront concrètement en accueil.

Plus compliqué pour les visites

Car tout s’est infiniment compliqué avec le Covid. En particulier les visites.

"Tout d’abord, note Sabrina, maman d’accueil, "il faut bien comprendre qu’être famille d’accueil, c’est en général maintenir un maximum les contacts avec les familles d’origine. Or ce qui se passe actuellement, c’est que, parfois à la dernière minute, des visites organisées avec les parents, grands-parents, ou la fratrie sont annulées".

Difficile de gérer ensuite la déception, la tristesse des enfants, qui ne comprennent pas ce qui se passe. Et si la possibilité de faire des séances en visioconférence a pu être une solution de rechange, "pour les plus petits c’est très compliqué, on a du mal à garder leur attention et ça ne remplace pas les visites 'en vrai'".

Des visites qui, quand elles peuvent s’organiser, ont lieu avec masques ou des visières. Comment gérer cela ? Comment empêcher de se serrer dans les bras, de s’embrasser ? "C’est difficile pour tout le monde, incompréhensible pour les tout-petits".

Mais plus de flexibilité

Reste qu’une plus grande flexibilité a été possible, des contacts avec les frères et sœurs ont pu être facilités, notamment avec des enfants qui sont placés en institution et ont été durant les confinements totalement privés de visites.

La vigilance des parents d’accueil est du coup d’autant plus requise : "On ne sait pas tout de la famille d’origine, il faut s’assurer avant tout de ne pas mettre en danger les enfants accueillis".

Des parents d’accueil qui sont soumis à rude épreuve : déjà en temps normal, cela demande du temps et de l’organisation : calendrier de visites, rencontres avec l’organisation d’accueil, avec le SAJ… "Mais", reprend Sabrina, je veux souligner à quel point les enfants actuellement en familles d’accueil sont favorisés par rapport à ceux qui restent en institution !"

Et elle souligne combien la démarche de l’accueil ne peut qu’être bénéfique à un enfant : "C’est vraiment un travail qu’on fait ensemble, avec la famille d’origine, les institutions, pour le bien de l’enfant".

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