Etats-Unis: quand les patrons font payer les salariés en excès de poids

Le bonhomme Michelin dans les rues de New York, le 4 octobre 2011
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Le bonhomme Michelin dans les rues de New York, le 4 octobre 2011 - © Belga/AFP/EMMANUEL DUNAND

Si vous êtes du sexe masculin, que vous souhaitez travailler dans l’entreprise Michelin aux États-Unis, et que votre tour de taille mesure plus de 101 cm (89 cm pour une femme), sachez que votre salaire sera moins élevé que celui de vos collègues.

Oubliée, la mascotte rondouillarde de l'entreprise; c’est une décision assez radicale que Michelin North America Inc. a mise en œuvre depuis quelques temps. Les salariés en surpoids gagneront moins que les autres. Vous avez dit "discrimination" ?

Les justifications avancées de cette mesure se trouvent dans la manière dont les systèmes d’assurances fonctionnent aux États-Unis. Les entreprises américaines sont tenues d’affilier leurs employés à une assurance. Or, selon des estimations publiées suite aux nouvelles mesures gouvernementales concernant le domaine de la santé, les assureurs américains déclaraient récemment qu’un ouvrier dont la tension est élevée ou la taille un peu large coûtera à partir de l’année prochaine 1000$ en plus pour sa couverture santé.

Les entreprises, inquiètes de la hausse des frais que cela pourrait engendrer, ont décidé d’ores et déjà de prendre le taureau par les cornes : plusieurs d'entre elles mettent en place des programmes de remise en forme pour modifier les habitudes, entre autres alimentaires, de leurs salariés. Michelin proposait, ainsi, 600 dollars de supplément de salaire pour ses ouvriers, ainsi des bons pour des programmes-santé.

Mais l’entreprise américaine a décidé de passer à un niveau supérieur. Désormais, seront récompensés les salariés modèles dans le domaine : celles, ou ceux, qui ont un tour de taille normal, une tension moyenne et des résultats sanguins probants. Un employé peut, s'il cumule plusieurs "bons résultats", recevoir jusqu’à 1000 dollars.

Les avocats de certains salariés crient à la discrimination "légale" ; ce que Michelin dément. L’entreprise risque bien de lancer un mouvement plus large : six employeurs sur dix déclarent, en effet, être prêts à mettre en place de telles mesures.

 

W. Fayoumi, avec online.wsj

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