Etat Islamique : le djihadiste belge qui ne regrette rien

Etat Islamique : le djihadiste belge qui ne regrette rien
2 images
Etat Islamique : le djihadiste belge qui ne regrette rien - © RTBF

Un djihadiste est à l'origine d'une polémique en Flandre. Nos confrères de la VRT ont interviewé Younes Delefortrie, né Michael Delefortrie, un Anversois converti, ancien membre de Sharia4Belgium qui a d'ailleurs été condamné pour apologie du terrorisme. Il avait été condamné en février dernier à une peine de trois ans de prison avec sursis pour ce qui excède la détention préventive et à une amende de 6000 euros avec sursis.

L’Anversois, qui a passé quelques semaines en Syrie dans les rangs de l’État islamique, ne regrette rien. Il le disait déjà avant le procès de Sharia4Belgium et l’a encore répété à nos confrères de la VRT lundi, lors d’une entrevue dans l’émission De Afspraak, qui a depuis lors été partiellement censurée par le comité de rédaction de la VRT, provoquant une polémique en Flandre. "J’ai toujours maintenu que je ne regrette absolument pas les choix que j’ai faits, disait Younes Delefortrie. Ce que j’ai vu ne m’a ni déçu, ni dégoûté". Et quand le journaliste lui demande s’il a encore des contacts avec des membres de l’État islamique, il répond qu’"il a des contacts avec des musulmans du monde entier, et que leur idéologie lui importe peu".

Une provocation à la limite du répréhensible

Dans l’entrevue, le converti tient des propos provocants, notamment sur Ben Laden mais surfe toujours à la limite de ce qui serait répréhensible.

A nos confrères de Paris-Match la semaine dernière, il montre son appartement, et notamment sa chambre, et ce drapeau noir de l’État islamique au-dessus du lit. Mais cela non plus, ce n'est pas clairement répréhensible aux yeux de la loi belge.

Un spécialiste de l’antiterrorisme nous explique que "si l’État islamique est bien considéré comme un réseau terroriste au niveau européen, il est toujours possible d’ergoter sur son drapeau". C’est en effet une variante de l’étendard du prophète Mohammed. L’inscription est la profession de foi de l’Islam : "Il n’y a de dieu que Dieu". Même raisonnement pour le signe de ralliement de l’État islamique que Younes fait ostensiblement sur une photo. Si cette accumulation d’indices d’allégeance à l’État islamique peuvent pousser la police à surveiller un homme avec ce type de profil, cela resterait trop vague pour conduire à des poursuites.

L’incitation à la haine est interdite

L’article 19 de la Constitution prévoit que "La liberté des cultes, celle de leur exercice public, ainsi que la liberté de manifester ses opinions en toute matière, sont garanties, sauf la répression des délits commis à l'occasion de l'usage de ces liberté".

En garantissant cette liberté d’expression, le législateur protège la démocratie. "Sinon, explique Stephane Hoebeke, auteur d’un récent livre sur la liberté d’expression, on pourrait très facilement, en invoquant une activité soi-disant illégale, chercher des poux à des syndicats, des partis minoritaires ou des opinions minoritaires". Cela s’est d’ailleurs vu au cours de l’histoire.

Il y a toutefois des limites à ne pas franchir. "La limite absolue c’est l’incitation à la haine, à la discrimination, à la violence. Ça c’est clairement interdit".

Le recrutement de candidats au djihad, par exemple, est répréhensible. Inciter à la haine dans des vidéos l’est aussi. C’est ce qui était notamment reproché l’hiver dernier aux accusés du procès Sharia4Belgium.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK