Et si toutes les Belges faisaient grève le 8 mars prochain?

Et si chez nous toutes les femmes faisaient grève le 8 mars prochain ?
Et si chez nous toutes les femmes faisaient grève le 8 mars prochain ? - © Tous droits réservés

C'est ce que propose le "Collecti.e.f 8 maars", un groupe de femmes qui se réunit en assemblée générale, ce dimanche 7 octobre, à Bruxelles. "Nous nous sommes inspirées de la grève des Espagnoles, l'an dernier, et plus globalement de l'appel à la grève internationale du 8 mars. L'idée, pour nous, c'est de montrer que quand les femmes s'arrêtent, tout s'arrête. Il s'agit de rendre visible ce qui est invisible : le travail ne se limite pas au boulot salarié, c'est aussi le travail de 'soin', envers les enfants, les personnes plus âgées. Visibiliser l'absence d'équilibre homme/femme dans les tâches ménagères, qu'on dénonce" explique Charlotte Casier, l'une des membres du collectif.

Part significative

Sur les 11 376 070 habitants que compte la Belgique au 1er janvier 2018, 50,8%, soit 5 779 043 sont des femmes. Le taux d'emploi des femmes se situe à 63,6% en 2017, 10% en-dessous de celui des hommes. Un rapport de l'observatoire bruxellois de la santé et du social montre que les femmes sont largement (plus de 60%) majoritaires dans l'enseignement, la santé humaine, l'action sociale et les autres activités de services. En Wallonie, l'IWEPS constatait, en 2017, que le domaine de la vente, et les professions d'ouvriers et d'employés peu qualifiés étaient fortement féminisées. Au niveau fédéral, la part majoritaire des femmes dans un domaine aussi important que la magistrature est un fait depuis quelques années. Bref, dans ces domaines-là, comme dans d'autres, la part des femmes est plus que significative.

En Espagne, la grève "générale" avait pour but de défendre l'égalité salariale, dénoncer le harcèlement et la violence machiste. En mars dernier, ce mouvement avait paralysé le pays : plusieurs centaines de trains annulés, autant de piquets de grève. Selon un sondage, 82% des Espagnols estimaient cette grève justifiée, une grève soutenue à l'époque par les syndicats.

Le collectif collecti.e.f 8 maars est conscient que son projet doit encore mûrir. C'est un travail à long terme qui débute : "Il ne faut pas sous-estimer le travail réalisé par les Espagnoles. On ne pense pas qu'on réussira à avoir le même impact dès la première année, estime Charlotte Casier. C'est un effort de longue haleine. Pour nous, initier cette grève, c'est lancer une grande mobilisation de femmes, parler du travail féminin. On veut faire grève, et aussi manifester.

L'assemblée générale de ce dimanche doit permettre de déterminer comment pourrait s'organiser, à l'échelle nationale et au niveau multi-sectoriel, ce mouvement de grève des femmes. D'autres assemblées suivront. Avec, comme espoir, une mobilisation des femmes le vendredi 8 mars 2019 prochain.

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