Et si certaines écoles primaires ne pouvaient pas rouvrir le 18 mai comme prévu ?

Le calendrier est désormais connu : les écoles doivent rouvrir, de façon très partielle, à partir du 18 mai prochain. Dans un premier temps, seules les classes de 6e année primaire et secondaire sont attendues, deux jours par semaine. Depuis l’annonce du calendrier de reprise, les pouvoirs organisateurs (PO) s’affairent pour organiser cette rentrée.

Au niveau syndical, on suit avec beaucoup d’attention ces préparatifs. Un vent favorable nous a transmis un courrier envoyé aux bourgmestres et échevins bruxellois par Michel Thomas, secrétaire régional bruxellois de la CGSP Enseignement. Ce courrier liste une série de demandes qui paraissent, aux yeux de la CGSP, "indispensables afin de pouvoir attester et garantir que les conditions de sécurité soient respectées dans les établissements scolaires suite aux contraintes imposées par le CNS de vendredi dernier." Parmi ces "demandes indispensables", on peut citer :

 
  • La manière dont le principe des silos sera respecté au sein de chaque établissement
  • La manière dont seront organisés les flux/déplacements au sein de l’établissement, y compris les entrées et sorties
  • La manière dont le Pouvoir Organisateur garantira que les élèves ne seront en contact qu’avec 1 membre du personnel en primaire et un nombre très limité en secondaire (et la communication de ce nombre pour chaque groupe d’élèves constitué)
  • La procédure prévue si des parents ramènent un élève dont on a constaté la veille qu’il était symptomatique
  • Le recensement du nombre de lavabos en état de fonctionnement et accessibles aux enfants d’une part et au personnel d’autre part.
  • Le recensement du nombre de WC disponibles pour l’établissement aux conditions prévues (càd avec lunette et abattant)
  • Le détail des modalités spécifiques pour le cours d’éducation physique, en particulier pour ce qui concerne la distanciation sociale dans les vestiaires
  • La procédure prévue en cas d’absence imprévue d’un membre du personnel (enseignant, administratif ou ouvrier) après le 18 mai
  • Le détail du matériel nécessaire promis et prévu : type de matériel, quantité disponible, lieux dans lesquels ils seront à disposition
 

"Des préalables" à une reprise

Dans ce courrier, la CGSG-Enseignement bruxelloise "exige" qu’une série de conditions "préalables" à toute reprise même partielle soit respectée. En voici quelques-unes :
  • La nouvelle organisation doit permettre le respect de l’ensemble des règles du règlement de travail, en ce compris ce qui concerne les surveillances des temps de midi et les obligations des temps de pause du personnel encadrant
  • L’engagement du Pouvoir Organisateur attestant que chaque établissement dispose de l’équivalent du staff complet de personnel de nettoyage habituellement prévu pour l’établissement +2 agents minimum (et non pas le nombre de membres du personnel effectivement en service avant le confinement !) et à adapter en fonction de la taille de l’école et du nombre de locaux qui seront mis en service
  • Un équipement spécifique et une formation des équipes de nettoyage aux nouvelles tâches qu’il va devoir effectuer
  • La mise à disposition au minimum d’une poubelle fermée par local
  • L’engagement du Pouvoir Organisateur attestant que les enseignants travailleront soit en présentiel, soit à distance, soit prendront en charge la garderie (et non pas les 3 ni même 2 en même temps)

 

"Cette crise est un indicateur de l’état de certaines écoles"

Sous couvert d’anonymat, un bourgmestre bruxellois s’interroge : "La CGSP a-t-elle une vraie volonté de reprendre les cours ? Elle a alourdi les conditions de façon à ne pas reprendre le 18 mai." Ce n’est pas l’avis de l’auteur du courrier, Michel Thomas, que nous avons contacté : "Nous avons pris les recommandations des experts, la circulaire de la ministre et nous les avons transposées pour ce qui concerne les écoles. La liste que nous avons envoyée, ce n’est que le résultat de ça." Pour le secrétaire régional CGSP, "la rentrée des 6e secondaires ne devrait pas poser problème. Par contre, la gestion de la garderie, en respectant les règles, risque d’être très compliquée." Sentiment partagé par Roland Lahaye, le secrétaire général CSC pour l’enseignement, qui souscrit au texte de la CGSP. Roland Lahaye est "pratiquement certain" que certaines écoles ne pourront rouvrir, à Bruxelles et dans les grandes villes wallonnes en raison de l’état de vétusté des bâtiments : "cette crise est un indicateur de l’état de certaines écoles, un état qu’on n’a pas cessé de dénoncer ces dernières années."

Les deux syndicalistes sont inquiets : il ne s’agit pas, pour eux, de charger la barque à dessein et d’empêcher la rentrée dans certaines écoles, mais bien de respecter les recommandations et d’assurer la sécurité des élèves et du personnel. Certaines écoles primaires auront de réelles difficultés à rouvrir, selon les deux hommes.

 

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