"Et pourquoi pas un vaccin à vie ?", demande Patrick Soentjens, de l'Institut de médecine tropicale d'Anvers

 "Non seulement, l’immunité paraît supérieure, mais cette formule-là doit déboucher sur des effets à longue durée", affirme l'infectiologue Patrick Soentjens à propos du vaccin du groupe Johnson&Johnson.
 "Non seulement, l’immunité paraît supérieure, mais cette formule-là doit déboucher sur des effets à longue durée", affirme l'infectiologue Patrick Soentjens à propos du vaccin du groupe Johnson&Johnson. - © Institut de médecine tropicale d'Anvers

A côté de ceux qui sont déjà ou sur le point d’être commercialisés et distribués, des vaccins font encore l’objet de recherches. Chacun d’entre eux marque et marquera encore des différences, notamment pour le nombre de doses nécessaires. Une ou deux ? Et si deux, espacées de trois semaines ou plus ? Et avec quels effets à long terme ?

Intégré au groupe Johnson&Johnson, le Belge Janssen Pharmaceutica a confié à six centres la troisième phase de son étude clinique, dont le très réputé Institut de médecine tropicale d’Anvers. D’ici à la mi-février, chacun de ces centres devrait avoir vacciné un millier de bénévoles.


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Dans cette étude spécifique, une deuxième dose sera nécessaire deux mois après la première injection. "Non seulement, l’immunité paraît supérieure, mais cette formule-là doit déboucher sur des effets à longue durée."

Infectiologue à l'Institut de médecine tropicale d’Anvers, Patrick Soentjens, réfléchit avant de lancer : "Et pourquoi pas un vaccin à vie ?"

A l’entendre, il n’y a en rien de la surenchère vis-à-vis des autres chercheurs et producteurs.

6000 bénévoles en Belgique

Appelés progressivement depuis quelques jours, les bientôt six mille bénévoles de Belgique sont plus âgés que les participants à une étude plus classique.

"Les candidats ne manquent pas, nous vous l’assurons. La sélection prend plus de temps. D’un centre à l’autre, nous devons former le même type de groupe cible, avec chaque fois un maximum de cas différents, notamment pour des pathologies existantes, mais stabilisées".

Spécialisé dans la prévention et le traitement de maladies tropicales, l’Institut anversois développe depuis plusieurs années déjà une expertise dans les vaccins, et plus spécialement dans le vaccin contre la rage avant de s'élargir aux autres vaccins. 


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Ce vaccin de Janssen Pharmaceutica est d’ailleurs "un ajustement de la plate-forme utilisée pour le vaccin Ebola", précise le directeur général Marc-Alain Widdowson.

Parallèlement à cette étude centrée sur la Belgique, la maison-mère de Janssen Pharmaceutica met la dernière main à un vaccin qu’elle espère faire enregistrer en une seule dose, à la suite d’une étude menée sur plusieurs continents, essentiellement aux États-Unis.

Johnson&Johnson le destine plutôt aux pays défavorisés : "Il n’est pas cher, quatre dollars environ. Une seule dose ? Cela favorise la logistique et dans des régions plus reculées, un individu vacciné va-t-il spontanément revenir pour une deuxième injection dans un centre, dans un dispensaire ?"

"Brique par brique", conclut Marc-Alain Widdowson, "nous construisons avec d’autres laboratoires et instituts le mur contre le Covid-19".

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