Est-il plus sûr de libérer Michel Lelièvre sous conditions?

Le tribunal d’application des peines (TAP) examine ce mardi la demande de surveillance électronique introduite par Michel Lelièvre. La décision ne sera pas connue aujourd’hui, mais l’avocate de l’ancien complice de Marc Dutroux estime que le plan de son client est solide. Pour les spécialistes, une libération conditionnelle serait en tout cas plus sûre pour la société qu’une libération sans aucune condition à la fin de sa peine.

Aux yeux de la population, Michel Lelièvre sera à jamais associé à Marc Dutroux, avec qui il a collaboré pour enlever Sabine, Laetitia, An et Eefje. En 2004, la cour d’assises d’Arlon le condamne à 25 ans de prison pour association de malfaiteurs, enlèvement d’enfants, séquestration et trafic de drogue. Emprisonné depuis 1996, il arrivera en fin de peine un peu après 2021 (si on ajoute des condamnations préalables). S’il sort à ce moment-là, aucune condition ou restriction ne pourra alors lui être imposée.

Une libération conditionnelle a quelque chose de plus rassurant

Pour Pierre Chomé, avocat pénaliste, il vaut mieux pouvoir surveiller et encadrer sa libération.

"Pour la société, je crois qu’une libération conditionnelle a quelque chose de plus rassurant, explique maître Chomé. À fond de peine, comme on dit, on peut disparaître dans la nature sans aucun compte à rendre, sans aucun contrôle. L’avantage ici, si on lui impose des conditions, c’est qu’il va être attaché à un assistant de justice qui va vérifier s’il respecte ses conditions au niveau du mode de vie, du travail, de l’endroit où il réside, etc. S’il se pose un problème de non-respect des conditions, il pourra revenir à la case prison, même s’il n’a pas commis de nouveau délit."

Un simple non-respect des horaires qui lui seraient imposés, par exemple, pourrait causer la révocation de sa libération conditionnelle.

Une libération avant la fin de la peine pourrait aussi permettre au TAP de surveiller plus longtemps que prévu Michel Lelièvre. Le tribunal peut en effet imposer des conditions pour un laps de temps qui va au-delà de la fin de peine prévue.

Des conditions draconiennes

Depuis la mise en place du tribunal d’application des peines en 2007, les libérations conditionnelles sont extrêmement encadrées, contrairement à ce qui pouvait se passer avant.

"Maintenant, ce sont des conditions draconiennes et contrôlées, affirme Pierre Chomé. La surveillance peut aller très loin et être assez intrusive. Des assistants de justice se déplacent eux-mêmes pour voir le respect ou non des conditions imposées par le TAP. S’il y a une inquiétude quelconque, ils peuvent prévenir le procureur du Roi qui peut faire faire une enquête de voisinage ou autre si des signaux d’alarme se déclenchent."

L’avocat de Sabine plaide aussi pour des conditions

En 2013, Michel Lelièvre avait déjà introduit une demande de détention limitée pour pouvoir suivre une formation en menuiserie hors de la prison. Mais, face à la pression médiatique, l’association qui avait accepté de l’accueillir avait fait marche arrière. Depuis 2018, il bénéficie du droit de quitter régulièrement l’établissement pénitentiaire d’Ittre pour une durée n’excédant pas 16 heures.

À l’époque, Jean-Philippe Rivière, avocat de Sabine Dardenne, déclarait déjà : "Autant que l’on s’y prenne maintenant pour quand même avoir l’individu à l’œil dans la mesure du possible. C’est toujours ça de gagné".

Le tribunal d’application des peines avait déjà examiné la demande de surveillance électronique introduite par Michel Lelièvre il y a un an, mais le dossier avait été reporté suite à la perte du logement dans lequel il souhaitait s’installer.

 

 

Archives : Journal télévisé 23/03/2018

En 2018, Michel Lelièvre avait bénéficié, pour la première fois, de congés pénitentiaires.

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