Est-il normal que certaines plantes fleurissent en janvier?

Les plantes qui fleurissent trop tôt peuvent être menacées par des gelées tardives
Les plantes qui fleurissent trop tôt peuvent être menacées par des gelées tardives - © Tous droits réservés

Certaines plantes dévoilent déjà leurs pétales. Dans les jardins, les roses, les crocus et d'autres espèces végétales s'épanouissent alors que la saison de floraison n'a pas encore débuté. Etant donné les températures de ce mois de janvier 2018, ce phénomène est naturel mais est-il pour autant sans risque ?

Après avoir vécu le 24 janvier le plus chaud depuis 1901, il semblerait que le mois de janvier approche du top 5 des mois de janvier les plus chauds selon l'Institut royal Météorologique de Belgique (IRM). À ce jour, la moyenne des températures avoisine les 5,8 degrés alors que la moyenne de référence pour le mois de janvier s'élève à 3,3 degrés, qui fait office de référence. Ces changements climatiques observés depuis quelques années modifient les périodes de floraison des plantes.

La lente adaptation des végétaux

"Les perturbations de la floraison sont dues aux changements climatiques", explique Léon Woué, président des Cercles des Naturalistes de Belgique. "Dans la nature, tout fonctionne bien mais il faut un temps d'adaptation plus ou moins long en fonction des espèces", ajoute ce spécialiste le la flore.

Les fleurs qui s'ouvrent avant la saison officielle, il s'agit d'un phénomène naturel dû aux températures que nous connaissons. Avec le réchauffement climatique, le bouleversement des saisons et la pollution, l'écosystème s'adapte, ce qui bouleverse les périodes de floraison mais aussi la migration des oiseaux ou la couleur de certains papillon.

"Avec les migrations, les insectes et les oiseaux n'ont pas de problème pour s'adapter, ils partent vers les régions où le climat leur est favorable", analyse Vincent Tarlet, éco-pédagogue aux Cercles des Naturalistes de Belgique.

Si le processus est simple et rapide pour la plupart des insectes, ce n'est pas le cas pour les végétaux : "Comme les plantes ne savent pas bouger, nous observons une adaptation génétique. Cela est beaucoup plus lent et peut durer plusieurs centaines d'années", conclut ce  spécialiste.

 

Les gelées tardives menacent certaines espèces

S'il faut simplement du temps pour que la nature s'adapte aux nouvelles conditions météorologiques, une menace plane quand même sur certains types de végétaux. C'est le cas d'arbres fruitiers tels que certaines espèces de pommiers qui fleurissent normalement de mars à juin. Ces dernières années, il arrive que certains de ces arbres fruitiers soient habillés de leurs jolies fleurs blanches avant cette période.

"Les abeilles et les insectes qui transportent le pollen ne peuvent pas faire leur travail quand la floraison est trop précoce", s'inquiète Léon Woué. Ce sont les insectes qui permettent aux arbres de produire des fruits en transportant le pollen depuis les organes de reproduction mâles (étamines) aux femelles (pistils). Sans cet apport des insectes mobiles, aucun fruit n'est produit.

"Nous allons revenir dans les températures normales de saison", prévient Pascal Mormal de l'IRM. Nous pourrions connaître un mois de février sec mais froid. Les températures actuelles persisteront jusque fin de semaine selon les prévisions de l'Institut Météorologique avant de basculer dans la "première vraie situation hivernale de 2018" durant le week-end.

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