Essais d'un vaccin anti-coronavirus suspendus : "Il faut s'assurer que ce n'est pas l'antigène qui a provoqué ce malaise"

L’entreprise pharmaceutique AstraZeneca, qui travaille sur un vaccin anti-coronavirus, vient d’annoncer qu’elle suspend ses essais après qu’un des volontaires testés a fait un malaise non-expliqué. Cela n’a rien d exceptionnel, affirme le professeur Michel Godlman, immunologue de l’ULB. Il s’agit d’une procédure standard dans les tests de vaccins pour s’assurer que les versions expérimentales ne causent pas de réactions graves parmi les volontaires.

"Ici, il s’agit d’une observation isolée. On n’a pas la moindre preuve d’une relation entre le vaccin et la malaise de ce volontaire. Et donc la suspension de l’étude traduit une très grande prudence. Il s’agit de vérifier s’il n’y a pas une relation de cause à effet évidente entre l’administration du vaccin et la survenance de la maladie. Et la suspension doit tous nous rassurer puisqu’il y a une crainte qu’on aille trop vite. Ici un seul cas suffit pour que l’on arrête, de manière transitoire, on l’espère, les essais cliniques. Dans ces vaccins il y a ce qu’on appelle l’antigène qui est la substance qui induit la production d’anti-corps protecteur. Et dans la plupart des vaccins, c’est le même antigène qui est utilisé. Il faut donc s’assurer que ce n’est pas cet antigène, certainement dans des cas très rares, qui pourrait induire cette réaction. Il faut espérer que cela ne soit pas le cas".

Décision radicale

"Dans ce cas-ci, on est allé très vite pour prendre une décision radicale qui a des conséquences importantes pour la santé publique mais aussi sur le plan économique pour la firme concernée. Il y a à la fois de la transparence et une grande prudence. Tout le monde a appris au fil des années. Il y a dans l’histoire des vaccins plusieurs cas qui ont donné lieu à des complications importantes. Exemple le syndrome de Gillain-Barré, une maladie neurologique qui touche les nerfs périphériques et qui entraîne une paralysie progressive et qui a été provoqué par un vaccin contre la peste porcine".

Prudence et transparence

"Dans le cas du covid, on peut parler d’une prudence augmentée. Le vaccin est dans sa phase critique avant l’autorisation de mise sur le marché. C’est une phase où des milliers de personnes sont engagées dans les tests. C’est la phase où on va démontrer l’efficacité du vaccin et durant laquelle, on scrute tous les effets secondaires imaginables et c’est dans ce cadre que ce cas a été identifié. Ce n’est pas exceptionnel. Ce qui est remarquable ici, c’est la conséquence que cela a provoqué".


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Le professeur Goldman se veut relativement optimiste et espère que ce cas ne va pas empêcher l’arrivée d’un vaccin au début de 2021. C’est à présent aux agences réglementaires de se prononcer sur l’évaluation des risques pour chaque famille de vaccin. Selon les premiers résultats engrangés par la société AstraZeneca, on peut espérer que ce vaccin soit efficace.

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