Espionnez la Terre entière en un clic grâce aux caméras de surveillance

Espionnez la Terre entière grâce aux caméras de surveillance en un clic
Espionnez la Terre entière grâce aux caméras de surveillance en un clic - © Tous droits réservés

Vous avez toujours rêvé d'être une petite souris pour espionner les autres ? Une curiosité malsaine qui peut aujourd'hui être assouvie par Insecam.com, un site Internet qui recense toutes les caméras non-sécurisées du monde . Une pratique qui pose sérieusement question.

Y a-t-il un peu d'animation dans ce café anversois ? Ou dans cet établissement bruxellois, proche de la place Sainte-Catherine ? Les clients se pressent-ils chez ce concessionnaire automobile à Liège ? Autant de questions qui peuvent trouver une réponse en un seul clic.

Le site web Insecam recense en tout 169 caméras de surveillance non-sécurisées en Belgique. Et des milliers dans le monde. Bien souvent, celles-ci sont connectées à Internet et ne sont pas protégées ou ne sont équipées que d'un mot de passe très prévisible du type "1234", écrit le Courrier International.

"En tête, on retrouve les États-Unis, où Insecam a rencensé 10 000 'fuites'", écrit le journal néerlandais NRC, qui précise cependant que ces caméras mal sécurisées ne représentent qu'une minorité. Au Royaume-Uni par exemple, pays dont la densité de dispositif de surveillance serait la plus forte avec quelque 5,9 millions de caméras (soit une pour 11 habitants), Insecam n'en compte que 2374.

La Belgique s'en sort donc relativement bien en la matière puisqu'on estime qu'il y aurait entre 300 000 et 340 000 caméras de sécurité sur le territoire.

Et la vie privée dans tout ça ?

Même si l'affichage des images est relativement peu fluide (du moins lorsque la diffusion fonctionne effectivement), le site Insecam pose plusieurs questions. Quant au respect de la vie privée tout d'abord : de nombreuses caméras sont des dispositifs privés, installés dans l'intimité d'un domicile, un salon ou encore une chambre. Le voyeurisme est total.

Ensuite, les informations que ce portail fournit peuvent être sensibles. Outre les images des caméras de surveillance, Insecam fournit les données géographiques du lieu d'où elles proviennent, indiquant même sa localisation sur le site Google Maps, avec plus ou moins de précision. Un outil de plus pour les cambrioleurs et autres personnes malintentionnées ?

Le site se défend sur sa page d'accueil : "Parfois, le propriétaire (de la caméra, ndlr) oublie de changer le mode passe par défaut, tel que 'admin:admin' ou 'admin:1245' sur son système de surveillance, sa caméra en ligne ou son magnétoscope numérique. De telles caméras connectées sont disponibles en ligne pour tous les internautes. (...) Ce site a été conçu pour démontrer l'importance des paramètres de sécurité. Pour retirer votre caméra publique de ce site et la rendre privée, la seule chose que vous avez à faire, c'est d'en changer le mot de passe."

Si vous en possédez une, il ne vous reste donc plus qu'à vérifier qu'elle ne soit pas recensée sur ce site. Les caméras y sont classées par pays, puis par ville.

T.M. (@thomasmignon)