Espionnage: ces câbles optiques sous-marins qui nous surveillent

Tempora, c’est le nom donné au programme mis en place par les services secrets britanniques, et par lequel le GHCQ, l’agence britannique de renseignement électronique, filtre pas moins du quart des télécommunications mondiales. Comment? La réponse va en étonner plus d'un.

Le grand public ne le sait que trop peu: les télécommunications ne sont pas surveillées par des satellites, ou par d’autres obscurs mécanismes d’un autre âge. Ce qui les rend vulnérables ou facilement "piratables", c’est le moyen par lequel elles transitent : les câbles sous-marins.

Grâce à une infographie consultable sur son site internet, Le Monde explique comment 99% du trafic mondial de l'internet, mais également du téléphone, transite par les quelque 250 câbles sous-marins présents dans les mers et océans du monde. C'est le "backbone" de l'internet, c'est-à-dire sa colonne vertébrale, qui est ainsi vulnérable aux piratages, et à la cybersurveillance, dans laquelle se spécialisent les services de renseignements.

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Capture d'écran de la cartographie du site Telegeography, renseignée par lemonde.fr © http://www.submarinecablemap.com/

Et Tempora, le programme de surveillance britannique en est le programme d'espionnage par excellence: la Grande-Bretagne est, par la configuration du réseau des câbles sous-marins, une véritable plaque tournante du trafic électronique; la quasi-totalité des échanges entre l'Europe et les États-Unis, transitant par les côtes anglaises.

Piratage? Les spécialistes estiment que ces moyens de communication de données sont stratégiques, et très vulnérables.

De plus, explique Le Monde, les autorités n'ont aucun mal à intercepter les informations transitant par le réseau: la fameuse loi antiterroriste de l'année 2000 oblige tout opérateur à transmettre toutes les données demandées par les autorités.

Pas besoin d'espions "undercover"; du piratage tout à fait légal, en somme.

Lire l'article en intégralité ici; pour plus d'information sur le programme Tempora, lire l'article du Guardian, en anglais.

W. Fayoumi, avec Le Monde

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