Esmeralda de Belgique à propos du climat: "La désobéissance civile est une arme qu'il faut utiliser"

Le 10 octobre dernier, Esmeralda de Belgique, la fille cadette du Roi Léopold III et de la princesse de Réthy, participait à une action de blocage du mouvement Extinction Rebellion sur Trafalgar square à Londres. Une action coup de poing pour inciter les gouvernements à agir contre le changement climatique, qui s’est soldée par quelques heures en cellule pour la princesse.

L’engagement de la princesse en faveur de la nature et de l’environnement ne date pas d’hier, elle est notamment à la tête d’une fondation qui défend la nature et l’environnement.

Invitée sur La Première jeudi matin, elle insiste pour dire que l’urgence climatique nécessite que l’on utilise la désobéissance civile. "C’est un moyen d’éveiller les consciences et d’avoir plus de résultat au niveau politique. On est arrivé à un point ou la désobéissance est une arme qu’il faut utiliser. Dans l’histoire, tous les grands mouvements et acquis sociaux se sont faits avec des mouvements non violents de désobéissance civile."

Des actions complémentaires aux marches des jeunes pour le climat. "Ils ont fait un travail remarquable. Ils ont mis le climat en haut de l’agenda et ils continuent avec une contenance extraordinaire. Mais il faut les aider, ils ne peuvent pas faire ça tout seul."

Ras-le-bol d’une partie de la population

Mais on le sait, il y a aussi un ras-le-bol d’une partie de la population qui considère que les jeunes ou encore les membres d’Extinction Rebellion leur font la leçon. "Tous les retards que ces actions provoquent (sur la route, blocages,…), c’est peu de chose en comparaison à ce qui va nous arriver avec le changement climatique. Regardez les incendies en Californie, les inondations. Et ce ne sont pas les manifestants qui le disent, ce sont les scientifiques. Le problème principal, c’est qu’on ne peut pas rester dans le même système qu’actuellement. Donc, vous aurez énormément d’opposition par rapport au message des jeunes, en disant : on ne veut pas changer ce système."

D’un côté, le gouvernement a l’air de s’engager très fort et de l’autre côté, les subsides pour les énergies fossiles sont toujours aussi importants

Elle indique par contre que les mouvements comme celui d’Extinction Rebellion devrait être bien plus inclusif pour que toute la population se sente concernée et change ses habitudes "Un mouvement comme Extinction Rebellion peut paraître s’adresser uniquement aux classes moyennes, aisées et non aux minorités qui ont peur d'être arrêtées par la police. Ce sont des principes qu’il faut évaluer et d’ailleurs le mouvement change un peu de stratégie car il faut que le plus possible de gens soit dans ces mouvements. Ça doit venir de toutes les couches sociales, il doit y avoir une diversité énorme. J’ai vu des professeurs, des académiciens, des ouvriers, etc dans le mouvement mais ça doit être encore plus large."

Pour la princesse, "il y a encore énormément de travail à faire en Belgique, en Europe, dans le monde." Ce qui l’inquiète. "En Angleterre on a déclaré l’urgence climatique. C’est un grand pas, mais à part ça, il n’y a pas beaucoup de mesures. C’est toujours un double langage. D’un côté, le gouvernement a l’air de s’engager très fort et de l’autre côté, les subsides pour les énergies fossiles sont toujours aussi importants."

Etre une femme et défendre la cause climatique

En plus de cause climatique, Esmeralda de Belgique est aussi engagée dans les causes des droits des femmes. Greta Thunberg, Anuna de Wever, Adélaïde Charlier… toutes des femmes engagées dans la cause climatique. "Il y a tellement d’aspects dans la cause climatique, il affecte nos droits humains nos plus essentiels : à la santé, à la vie, à la nourriture, à l’eau. Et je pense que les femmes ont peut-être une connexion particulière avec la nature. Une notion de genre qu’il faut prendre en cause."

Et on le sait, il y a des réactions très vives et un certain agacement envers elles. "Je trouve que c’est absolument insupportable la façon dont on a traité Greta, une jeune femme de 16 ans, une enfant encore. Les torrents de haine déversés sur les réseaux, je trouve ça épouvantable. Je suis convaincue que si elle avait été un garçon, elle aurait eu moins de critiques."

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