Epidémie de Covid-19: la Belgique passe en phase 2, qu'est-ce que ça signifie concrètement ?

Ce dimanche, un deuxième cas de Covid-19 s'est avéré en Belgique : une femme qui a séjourné en France, actuellement suivie à l'hôpital universitaire d'Anvers, qui présente des symptômes modérés. Pour rappel, le premier cas datait du 2 février, un homme rapatrié depuis la province de Wuhan, berceau de l'épidémie. Il est depuis guéri.

Comme le veut la procédure, la Belgique est donc passée en phase 2, sur une échelle de trois, du plan de gestion de risque du SPF Santé Publique. Cela signifie concrètement que le virus est présent sur le territoire et qu'il faut éviter sa propagation. Des mesures ne sont prises que si une personne présente des symptômes, ou a été en contact avec une personne diagnostiquée. Il n'est pour l'instant pas question d'interdiction de rassemblement, de quarantaine ou de fermeture d'école, entreprise ou crèche.


►►► Les trois phases d'alerte du plan de gestion de risque


Comme le précise le communiqué de la Première ministre Sophie Wilmès, lors de la phase 2 :

  • Les personnes infectées sont prises en charge et soignées en toute sécurité.
  • Toutes les personnes avec lesquelles elles ont eu des contacts étroits (famille, collègues, autres voyageurs) sont répertoriées et contactées par les services régionaux compétents. Elles sont également testées si nécessaire.
  • Les personnes ne présentant aucun symptôme peuvent poursuivre librement leur activité.
  • En ce qui concerne les personnes qui ont séjourné récemment dans une zone à risque, une vigilance accrue est demandée.

Si vous revenez d’une zone à risque et présentez des symptômes de la maladie ou que vous avez été en contact avec une personne qui a été testée positivement, il est recommandé de demander une consultation à domicile de votre médecin afin d’éviter toute contagion : le médecin évaluera la situation et prendra les mesures nécessaires. Il ne faut en aucun cas se rendre aux urgences ou dans la salle d'attente du médecin.

La Belgique ne comptant qu'un seul cas existant, et importé, de Covid-19, aucune mesure particulière concernant la fréquentation de lieux public n'est prise. Les cas augmentant de jour en jour chez nos voisins directs (France, Allemagne, Italie, Pays-Bas), la situation est suivie de très près par les autorités, et pourra, le cas échéant, évoluer, comme l'explique Maggie De Block, ministre de la Santé.

Le virologue Steven Van Gucht le confirme sur notre plateau du JT, l'arrêté de police pris par le bourgmestre Olivier Maingain, interdisant les lieux publics de Woluwé-Saint-Lambert aux personnes revenant des zones à risque, n'a pas de sens et n'est en aucun cas une recommandation de l'OMS, vu la situation actuelle en Belgique. La ministre de la Santé Maggie De Block y voit une mesure "disproportionnée".

Des voix discordantes se font cependant aussi entendre sur la question du dépistage:  toute personne présentant des symptômes de la grippe doit subir un test de dépistage du coronavirus, estime le professeur Herman Goossens de l'université d'Anvers (UAntwerp), interrogé par VTM.

Le Pr. Goossens a souligné que le deuxième cas de contamination en Belgique, annoncé dimanche, a été détecté grâce à des tests plus larges. "En cas d'application stricte, la patiente ne répondait pas aux critères en vigueur pour procéder au dépistage du coronavirus. J'avais décidé cette semaine de ne plus appliquer ces critères et d'effectuer des dépistages selon des normes plus larges. Grace à cela, la patiente a pu être correctement diagnostiquée."

Quelles sont les zones à risque ?

Les zones à risque sont des pays ou régions avec une transmission dite soutenue, qui comprend pour le moment :

  • Chine, Hong Kong et Macao
  • Corée du Sud
  • Iran
  • Italie : provinces de Lombardie, Vénétie et Emiglia Romona

►►► Les cartes et graphiques interactifs de l'épidémie de Covid-19


Qu'est-ce qu'un contact étroit ?

Concernant la définition de contact étroit, il varie selon le contexte :

  • Une cohabitation au cours de la journée qui précède le début des symptômes chez le patient
  • Un contact intense, c'est-à-dire plus de 4 heures dans un rayon de 1.5m, avec le patient la veille du jour d'apparition des symptômes
  • Avoir voyagé (tous transport en commun confondu) avec le patient en étant assis à une ou deux places de contact
  • Exposition en milieu de soin : avoir donné des soins directs au patient, avoir travaillé avec du personnel de soins malade ayant visité un patient ou qui est resté dans le même environnement qu'un patient

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Qu'est ce qu'un cas suspect ?

Plusieurs conditions doivent être remplie pour qu'un cas soit considéré comme suspect :

  • Fièvre + toux ou difficulté respiratoire ET avoir voyagé, dans les 14 jours avant le début des symptômes dans une zone à risque (cfr liste plus haut)

OU

  • Des symptômes cliniques d’infection respiratoire aiguë sévère et/ou un signe clinique ou radiologique d’atteinte pulmonaire qui exige une hospitalisation  ET avoir voyagé dans les 14 jours avant dans une zone à transmission limité, qui comprend les zones à risque plus Singapour et le Japon.

Ne pas oublier les bonnes pratiques d'hygiène

Encore une fois, il est utile de rappeler les pratiques de base d'hygiène pour limiter au mieux la propagation du virus :


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