Environnement: 10 nouvelles réjouissantes pour la planète révélées en 2018

Dans la forêt de Hambach, en Allemagne
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Dans la forêt de Hambach, en Allemagne - © PATRIK STOLLARZ - AFP

Les climatologues ont continué de publier des rapports alarmants sur le climat en 2018, année marquée par un été caniculaire et une sécheresse alarmante en Belgique. Nous avons pu glaner quelques nouvelles plus réjouissantes.

1. Allemagne: le déboisement de la forêt de Hambach est suspendu

Depuis 2012, des militants écologistes se battaient pour lutter contre l’abattage - par le géant allemand de l’énergie RWE - de la forêt de Hambach. Le 5 octobre 2018, la Cour régionale administrative a accepté le recours d’une ONG pointant la présence d’espèces protégées dans cette zone et a suspendu la déforestation.

La destruction de cette zone boisée vieille de 12.000 ans, située entre Cologne et Aix-la-Chapelle, avait suscité de vives réactions de la part de militants écologistes qui l'ont occupée pendant six ans.

Un mois avant la suspension des activités de l'entreprise minière, la police a expulsé des dizaines de militants pour lui permettre de se saisir d’une partie des 200 hectares restants sur 4100 hectares à l’origine.

2. Glyphosate: Monsanto condamné par la justice américaine à verser 289,2 millions de dollars à un jardinier

Le 10 août 2018, le jury d'un tribunal de San Francisco a condamné le géant de l'agrochimie américain Monsanto. Les jurés ont déterminé que Monsanto avait agi avec "malveillance" et que son herbicide Roundup, ainsi que sa version professionnelle RangerPro, avaient "considérablement" contribué à la maladie du plaignant, Dewayne Johnson.

Monsanto a annoncé son intention de faire appel de cette décision. Mais cette condamnation pourrait peut-être faire bouger les lignes politiques.

3. Pays-Bas: un supermarché sans (sur)emballage plastique

En Belgique les sacs plastiques à usage uniques ont été bannis des supermarchés, mais il reste encore beaucoup à faire en ce qui concerne les emballages plastiques des produits alimentaires. Aux Pays-Bas la chaîne de supermarchés bio Ekoplaza a créé à Amsterdam un premier supermarché sans plastiques. Il propose 682 produits soit en vrac, soit avec emballage en verre ou en carton ou, surtout, en plastique biodégradable. Ce plastique biodégradable est compostable en douze semaines et est plus cher. Mais c'est la chaîne qui prend en charge la différence de prix, le consommateur ne paie pas un centime de plus. 

4. Islande: la géothermie "basse température", un projet local révolutionnaire

Grâce à sa position géographique, l'Islande possède de nombreuses sources d'eau chaude. Et les Islandais sont devenus les maîtres de la géothermie, la transformation de cette chaleur en énergie. Le pays est l'un des plus "verts" au monde: 90% des maisons sont chauffées grâce à l'eau souterraine. La ville de Flúdir est devenue la première d’Islande à produire sa propre électricité locale grâce à la construction d'une mini-centrale géothermique. Le courant est produit à partir d'eau à "basse température" (120°C).

En savoir plus en lisant l'article de  Pascale Sury & Jonathan Bradfer

Le reportage de Pascale Sury & Jonathan Bradfer

5. "The Global Grid": un réseau électrique mondial d'énergie renouvelable bon marché

Le professeur Damien Ernst de l'ULiège est spécialiste en ingénierie électrique et il a récemment remporté la médaille Blondel, une prestigieuse distinction scientifique. Damien Ernst étudie notamment l'intelligence artificielle appliquée aux réseaux électriques ainsi que l'intégration des énergies renouvelables dans ces mêmes réseaux.

Damien Ernst a travaillé aussi sur "The Global Grid", un projet de réseau électrique qui couvrirait la planète entière. Selon lui, c'est le meilleur moyen de faire une transition énergétique rapide. "Quand vous avez du soleil en Europe, il fait nuit aux États-Unis, donc l'excès de photovoltaïque, vous pouvez l'exporter vers les États-Unis et inversement. En gros, avec un réseau électrique international, le problème de la fluctuation des énergies renouvelables, que les opposants au renouvelable mettent souvent en avant en disant que ça ne marcherait pas, qu'il faudrait du charbon, du gaz, du nucléaire, il disparaît naturellement" explique-t-il à la RTBF.

"Le gaz et le charbon complètement hors business"

Non seulement il est possible de fournir de l'électricité au monde entier à partir des énergies renouvelables, selon lui, mais ce serait "à un prix défiant toute concurrence, mettant le nucléaire, le gaz et le charbon complètement hors business".

Il prend l'exemple de la côte est du Groenland où il y a "la présence d'un vent catabatique. De quoi s'agit-il ? Le Groenland est une montagne de glace de trois km, très froide, et au contact de cette montagne de glace très froide, l'air devient plus dense et s'écoule un peu le long de cette montagne de glace, comme s'il s'agissait d'une avalanche d'air vers la côte est du Groenland. Installer des éoliennes dans ces endroits-là permettrait de générer de l'électricité à très bas prix. Quand on parle d'éoliennes, on parle toujours d'un taux de charge. Par exemple, en Wallonie, les éoliennes ont un taux de charge de 20%. Ça veut dire qu'elles produisent 20% de l'énergie qu'une éolienne qui tournerait à pleine puissance. Pour le nucléaire, on parle d'un taux de charge de 85-90% en Belgique. En ce qui concerne les éoliennes au Groenland, on arrive à un taux de charge de quasi 80%, donc l'équivalent d'un taux de charge du nucléaire, c'est fantastique! Même si vous manquez de vent en Europe, vous ne manquerez pas de vent au Groenland et ça vous permet donc de gérer, rien qu'en connectant l'Europe avec le Groenland, ce gros problème de la fluctuation de l'éolien".

Câbler le monde entier à un seul réseau électrique représente un coût "phénoménal" reconnaît Damien Ernst, "mais le coût de l'énergie est encore plus phénoménal. Quand on parle du coût de l'énergie dans une société, c'est typiquement 6% du produit intérieur brut. On est entre 20 et 30 milliards en prix d'électricité pour la Belgique. J'ai fait les calculs pour connecter l'Europe avec les États-Unis et collecter de l'énergie éolienne au Groenland au passage, et c'est vrai que ce sont des projets assez chers ; on parlait de 100 milliards d'euros. Mais 100 milliards d'euros, par rapport au coût de l'énergie en Europe et aux États-Unis, c'est un détail en fait, c'est une goutte d'eau dans un océan d'argent".

6. Estonie: des bus gratuits sur l'ensemble du pays

Fin juillet 2018, l'Estonie est devenue le premier pays européen à offrir le trajet en bus gratuit sur quasiment l'ensemble du territoire, dans l'espoir de limiter l'exode rural et la consommation des combustibles fossiles. Le Parlement estonien a décidé l'an dernier de limiter la consommation nationale des carburants fossiles, de sorte qu'à l'horizon de 2030 elle reste à son niveau de 2012. "Cela signifie que nous devons trouver des moyens pour encourager les gens à voyager de manière plus écologique, par exemple en utilisant les transports en commun", a expliqué Kadri Simson, la ministre de l'Economie et des Infrastructures, soulignant que cela pourrait contribuer à limiter le nombre de voitures particulières.

Depuis 2013, les bus gratuits sont disponibles à Tallinn. Et plus près de nous, la ville de Dunkerke, en France a aussi fait le choix des bus gratuits, avec succès.

7. Svalbard : un jardinier polaire réalise l'impossible grâce à la permaculture

L’archipel de Svalbard est situé à seulement 1000 kilomètres du pôle Nord. Ce territoire est composé à 60% de glace, à 30% de roches montagneuses et à peine 10% de végétation. Dans ce climat glacial, la lumière du jour s’absente pendant 3 mois par an. Il n'y a aucune agriculture et toute la nourriture doit être importée. Le cuisinier américain Benjamin Vidmar a décidé de se lancer dans la permaculture polaire, afin de pouvoir disposer des produits les plus frais possibles, sans devoir les faire venir par bateau ou par avion.

Dans sa petite ferme polaire, un dôme est utilisé comme serre pour les cultures sous le soleil d’été, et un laboratoire intérieur sert de potager hivernal. Il expérimente de multiples techniques afin de relever le défi du local et du durable : compost, hydroponie, lampes LED…

En savoir plus en lisant l'article de  Pascale Sury & Jonathan Bradfer

Présentation du projet (en anglais)

8. Pailles, cotons-tiges et autres ustensiles jetables en matière plastique: bientôt la fin?

Selon une étude publiée dans la revue Science, huit millions de tonnes de plastique sont rejetées chaque année dans les océans, soit 250 kg par seconde. La Commission européenne a proposé en mai 2018 d'interdire la vente des pailles, des couverts jetables et autres cotons-tiges en plastique. En Belgique, les Régions veulent faire interdire ces ustensiles en plastique. La ministre bruxelloise Céline Fremault (cdH) a initié un texte législatif en ce sens. De son côté, le parlement wallon a adopté un principe général d'interdiction de l'usage d'ustensiles jetables en matière plastique. Cette mesure, portée par le ministre wallon de l'Environnement, Carlo Di Antonio (cdH), vise les ustensiles en plastique essentiellement destinés à l'usage alimentaire tels que les gobelets, les tasses, les assiettes, les couverts ou les pailles, dans les événements et établissements ouverts au public. C'est le gouvernement wallon qui précisera les détails de ce principe d'interdiction avant son entrée en vigueur.

Certaines firmes n'ont pas attendu les interdictions légales et ont décidé de prendre les devants. C'est le cas dans la grande distribution: Carrefour et Lidl ont déjà annoncé l'arrêt de la commercialisation en 2019 des couverts, assiettes, pailles… à usage unique. Les autres chaînes se penchent sur cette question. Les enseignes de restauration McDonald's, Quick, Burger King et Starbucks étudient des alternatives.

Pour éviter le plastique, il existe des pailles biodégradables en maïs, en carton et en bambou notamment. 

9. Vêtements de luxe: vers la fin de la destruction des invendus?

Plusieurs firmes de vêtements de luxe sont pointées du doigt par les environnementalistes parce qu'elles préfèrent détruire leurs invendus afin de protéger la marque et d'empêcher la contrefaçon. Burberry, par exemple, a révélé avoir détruit, rien qu'en 2017, des biens (vêtements et cosmétiques) d'une valeur de plus de 28 millions de livres. En septembre 2018, la même firme Burberry a annoncé mettre fin à la destruction des invendus. La marque entend poursuivre ses efforts pour réutiliser, réparer, donner et recycler les produits qui n'ont pas pu être écoulés. "Le luxe moderne veut dire être responsable socialement et vis-à-vis de l'environnement", souligne Marco Gobbetti, le directeur général du groupe. Burberry a aussi renoncé à l'utilisation de la fourrure dans ses collections.

L'exemple de Burberry sera-t-il suivi par d'autres marques de vêtements?

10. Zéro déchet: une bonne idée qui commence à ses concrétiser

Réduire au quotidien sa production de déchets, c'est une façon de lutter contre la pollution et d'aider à protéger l'environnement. L'intérêt pour le mouvement "zéro déchet" croît d'année en année, sans qu'il soit possible de le chiffrer précisément. Quelque 10.000 personnes ont visité le salon "zéro déchet" de Bruxelles. Des écoles, des communes, des mouvements de jeunesse, des restaurants épousent cette cause. Et des familles qui ont adopté le "zéro déchets" partagent leur expérience dans des blogues ou sur les réseaux sociaux.

L'idée est d'éviter les gaspillages, en apportant ses propres contenants chez le commerçant et en achetant en vrac. Et privilégier les achats en seconde main. "Le zéro déchet, c'est d'abord refuser ce dont on n'a pas besoin, puis réduire ce dont on a besoin" résume une adepte. Congeler ses restes de repas plutôt que les jeter, réparer ou fabriquer soi-même ses meubles, préparer soi-même ses produits d'entretien ou ses cosmétiques, utiliser des couches réutilisables, composter… : voici quelques gestes que chacun peut poser quotidiennement. 

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