Entre "passion", prise de risque, appât du gain, de plus en plus d'étudiants se laissent tenter par les cryptomonnaies

Ethereum, Cardano ou encore Polkadot, ces drôles d'appellations ne vous disent peut-être rien, mais à l'instar du fameux Bitcoin, ces cryptomonnaies sont de plus en plus populaires auprès des jeunes. Selon le dernier baromètre d'ING, 35% des moins de 35 ans envisagent d'investir dans les monnaies virtuelles. Les étudiants ne sont pas en reste. A l'heure où la précarité étudiante est plus que jamais d'actualité, certains espèrent arrondir leurs fins de mois, malgré les risques que cela peut comporter.

A l’époque où j’ai découvert la cryptomonnaie, c’était par passion

Il y a deux teams parmi les étudiants attirés par la cryptomonnaie : ceux qui cherchent le profit et ceux qui sont fascinés par le mécanisme sous-jacent. Parce qu’avant d’être perçue par certains comme une source de revenus, la cryptomonnaie possède aussi un intérêt technologique. C’est cette facette qui captive particulièrement Carl. "Ça fait des années que je m’y intéresse, au moins depuis 2012", raconte-t-il.

"A l’époque où j’ai découvert la cryptomonnaie, c’était par passion. Je n’y investissais pas d’argent. Et cette année j’ai décidé d’y entrer financièrement parce que j’estime m’y connaître suffisamment." Tous les jours, le jeune homme surveille les cours. Passionné, il participe même à certains aux séminaires. Dans le cas de Carl, l’engouement est donc surtout technologique et non pas financier. Néanmoins, aujourd’hui, ça lui rapporte. Et de plus en plus, ses amis lui demandent des conseils.

Il n'y a pas grand chose à faire, et on peut s'enrichir

Les nouvelles vont vite

De bouche-à-oreille, le succès des uns suscite l’intérêt des autres. "C’est d’abord apparu dans mon fil d’actualité sur YouTube parce que beaucoup de Youtubeurs en parlent. Et dans mon entourage aussi, beaucoup de mes copains s’y intéressent. Du coup j’ai eu envie d’essayer", explique Youness. Lentement mais sûrement, celui qui est encore débutant a décidé de se renseigner. Mais la prudence reste de mise. "Je n’ai pas encore passé le cap. Pour l’instant, je n’ai investi que très peu d’argent. Comme je suis étudiant, j’ai mis une somme comme 20 euros, pour voir la dynamique. Du coup je pense que j’ai dû gagner 2 euros".

Selon le baromètre ING, le profil type de l’investisseur en cryptomonnaies est un homme jeune. Pour autant, les filles aussi s’y intéressent. Depuis deux semaines, c’est le cas de Shobhanah. Là aussi, c’est un ami qui lui a donné envie. "Il n’y a pas grand-chose à faire, et on peut s’enrichir." Aussitôt dit aussitôt fait, Shobhanah investit 20 euros. "Ce n’est pas grand-chose, et je n’ai pas vu de différences pour le moment. Mais je pense que ça va venir après. Je les laisse là et je les récupérerai si ça augmente."


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Une tendance grandissante dans les campus

A Louvain-la-Neuve, le LSM Investment Club – une organisation étudiante spécialisée dans la gestion d’investissements – confirme cette tendance. En interne, l’organisation discute même elle aussi d’éventuels investissements propres. D’après eux, les étudiants seraient de plus en plus nombreux à être attirés par la cryptomonnaie. Et pas qu’au sein du club.

Selon Jeremy Durieux, leur président, le profil des étudiants intéressés par la cryptomonnaie est assez diversifié. "On remarque l’intérêt des étudiants de master à la LSM (Louvain School of Management). Mais il y a aussi des étudiants en inférieur." Et pour le moment, l’issue serait souvent favorable. "Je n’ai jamais entendu parler de jeunes qui se plantaient. Plutôt des chouettes histoires, des gens qui en tirent quelque chose. Après, ce n’est que le début."


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Quels sont les risques ?

Pour l’instant, on ne peut donc pas dire que la cryptomonnaie soit devenue le gagne-pain de Carl, Youness et Shobhanah. Il n’empêche que les trois assurent ne pas avoir connu de mauvaise expérience jusqu'ici. Quant à ceux qui y perdent de l’argent, ils sont certainement plus discrets. Parce que par définition, la cryptomonnaie est incertaine : c’est un actif dont la valeur varie énormément. Le risque zéro n’existe donc pas.

"Il y a différents risques. Le premier, c’est que le cours baisse. Le second est plutôt technique. Si quelqu’un oublie son mot de passe, par exemple. Il peut aussi s’agir d’un problème lié à l’endroit de stockage, donc à un site frauduleux. Le vol de contenu des portefeuilles virtuels peut également arriver. Il y a donc des risques financiers, et techniques", explique Louis Larue, chargé de cours invité à l’école des sciences économiques de l’UCLouvain. Quant à la rentabilité du Bitcoin, "ça va dépendre de l’engouement, s’il continue ou pas".

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