Enseignement: les écoles bruxelloises saturées et vieillissantes

Un couloir a été aménagé en salle de classe
Un couloir a été aménagé en salle de classe - © RTBF

Plus de 13.000 nouvelles places vont être créées dans les écoles. C'est l'accord tombé hier en fédération Wallonie-Bruxelles. Cela passera par de nouvelles constructions et par des préfabriqués. Une bouffée d'oxygène pour les communes bruxelloises confrontées au boom démographique. Aujourd'hui, non seulement leurs écoles manquent de place mais en plus les frais d'entretien des bâtiments scolaires vieillissants grèvent les budgets. Illustration à l'école du Scherdemael, à Anderlecht.

Cette école a ouvert ses portes en 1958 et les pavillons modulaires construits étaient censés tenir 20 ans.

Aujourd'hui ils sont toujours là, vaille que vaille, mais ils sont marqués par le temps. La directrice de l’école du Scherdemael ne compte plus les petites et grandes misères de son établissement.

"Quand il n’y a pas de chauffage, les enseignants et les enfants ont froid et s’en plaigne. Les auvents dans la cour souffrent énormément et sont en train d’être réparés", explique Nicole Van Beneden.

Mais cette école n'est qu'une école parmi les 20 gérées par la commune d'Anderlecht. Chacune a ses problèmes et les finances communales sont mises à rude épreuve.

"Une chaudière coûte 200.000 euros, un revêtement de sol c’est 100.000 euros et des convecteurs au gaz c’est 150.000 euros. Nous n’arrivons pas à financer les besoins avec nos moyens propres donc on doit compter sur des subsides, et il n’y en a pas assez ", déplore Fabrice Cumps, échevin de l’enseignement francophone à Anderlecht.

Le mandataire PS ajoute : "Nous sommes coincés de tous les côtés et les parents se plaignent à juste titre des conditions de travail pour leurs enfants".

Il y a donc peu de moyens mais plus d'enfants : ils sont désormais 600 à l’école du Scherdemael. Construire un bâtiment neuf est impayable pour la commune. Du coup pour donner cours, l'école utilise ses moindres recoins.

Un couloir aménagé en salle de classe

Entre deux classes, un couloir a par exemple été transformé pour accueillir seize enfants, mais cet espace n'est pas adapté.

Erica Cougneau enseigne dans cette classe et explique : "L’espace est inadapté et des élèves se cognent contre des armoires qui sont trop basses. Les enfants doivent également passer par ce local pour aller aux toilettes et nous avons parfois des problème d’odeurs". Comble de l'histoire, aucune des quatre toilettes ne fonctionne correctement.

L’échevin de l’enseignement se dit "partagé entre donner le plus possible de réponses favorables aux parents et en arriver à donner cours dans des conditions qui ne sont pas dignes de l’enseignement".

Les nouveaux moyens annoncés pour créer des places sont donc attendus comme une bouffée d'oxygène. Mais à une condition : que le provisoire mis en place pour répondre à l'urgence ne se transforme pas en provisoire qui dure.

S. F. avec Grégoire Ryckmans

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