Enquête Solidaris/RTBF/Le Soir: les Belges n'ont aucune confiance dans leur assiette

Près de deux personnes sur trois estiment que la majorité des produits alimentaires présentent un risque pour la santé
Près de deux personnes sur trois estiment que la majorité des produits alimentaires présentent un risque pour la santé - © JEAN-PIERRE MULLER/AFP

Le scandale de la viande de cheval, les documentaires alarmants sur les produits toxiques que l'on retrouve dans les poissons, etc. Tous ces évènements ne sont apparemment pas sans impact sur la manière dont les Belges perçoivent les aliments mis sur le marché.

Notre grande enquête Solidaris/RTBF/Le Soir, s'intéresse à notre rapport à l'alimentation. Et le constat est sans appel : les Belges n'ont aucune confiance dans leur assiette.

Pour sept consommateurs sur dix, il faudrait carrément revoir de fond en comble la façon dont nous produisons ce que nous mangeons. L’étude se base sur un échantillon représentatif de 1200 personnes de 18 à 70 ans et la marge d'erreur est de 2.37%.

Si les consommateurs belges pensent qu'il faut tout revoir de fond en comble, c'est qu'une majorité d'entre eux dénoncent l'opacité qui règne sur toute la chaîne alimentaire.

Six consommateurs sur dix trouvent important de savoir d'où viennent les produits qu'ils consomment. Mais ils sont autant, et même un peu plus, à penser qu'au fond, on ne sait plus ce qu'on achète.

Par ailleurs, les résultats indiquent que la défiance face à l'industrie agroalimentaire est grande : un consommateur sur deux pense qu'elle n'informe pas honnêtement.

Pour une majorité de consommateur, les étiquettes ne sont pas claires, et rien ne garantit qu'elles soient exactes. Pire, près de deux personnes sur trois estiment que la majorité des produits alimentaires présentent un risque pour la santé.

Une lueur malgré tout, au bout du tunnel : 56% des personnes interrogées pensent qu'elles ont les cartes en main et qu'en choisissant ce qu'elles mangent, elles peuvent agir sur leur santé.

 

Que faire pour manger le plus sainement possible?

Alice Pirlot nous montre son garde-manger : "Alors dans le frigo on a de la soupe de poireaux préparé avec les poireaux du jardin". Tous les légumes sont du jardin, ou bio. C'est qu'Alice fait très attention à ce qu'elle mange, explique-t-elle : "Il y a eu certains scandales alimentaires et donc on peut s'inquiéter de ce qu'on va retrouver dans ce que l'on achète. Il y a parfois des substances que l'on ne soupçonne pas. Si on retourne les paquets et qu'on regarde les ingrédients, on ne sait pas toujours à quoi cela renvoie. Mais ça peut évidemment être toxique, nocif pour la santé. Si on fait quelques recherches sur internet, alors on peut commencer à s'inquiéter c’est sûr".

Cette méfiance est-elle justifiée? Brigitte Duquesne est l'auteur de nombreuses publications sur la consommation alimentaire, elle a participé à l'étude Solidaris. Pour elle, cette méfiance est pour le moins exagérée : "Il faut se méfier de trop manger et de mal manger. Mais le risque n'est pas les quelques additifs ou métaux lourds qu'on décrit. En risque de contamination il y a des contrôles qui sont fait au niveau belge, au niveau européen. Et il y a moins d'intoxications alimentaires que par le passé" selon elle.

Mais attention, tout n'est pas bon à prendre pour autant, ajoute-t-elle : "Un bon conseil c'est manger nu, non loin, naturel. 'Nu' ça veut dire le moins préparé, or les consommateurs achètent de plus en plus de plats préparés. Le 'non loin' c’est consommer local. Et 'naturel' c’est consommer de saison.

Des conseils qu'Alice Pirlot applique déjà, même si elle avoue que ce n'est pas facile à respecter tous les jours.

Daphné Van Ossel avec Grégoire Ryckmans

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