Enquête Pisa 2019: des lacunes en lecture et de l'espoir en math pour les élèves francophones

C’est un moment attendu dans le monde scolaire, un peu craint aussi. L’enquête PISA évalue les performances des élèves de 79 pays dans le monde, dont la Belgique. Cette année l’enquête s’intéresse principalement à la lecture, c’est-à-dire par exemple la capacité à lire de manière fluide, à localiser de l’information comprendre le sens d’un texte, réfléchir sur son contenu, sa crédibilité. 

Du côté francophone, les compétences des élèves en matière de lecture sont en léger recul. La Fédération Wallonie-Bruxelles se classe en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE, avec une moyenne de 481 points contre 487 au niveau de l’OCDE. Ces résultats ne sont pas une surprise puisque la tendance à la baisse était déjà amorcée en 2015.

Le niveau des élèves flamands en recul aussi

Mais le tableau n’est pas totalement noir. Cette enquête PISA a été adaptée pour tenir compte de l’évolution digitale de notre société. Pour faire très simple, elle s’intéresse également aux lectures et recherches des élèves sur internet (et pas qu’aux livres et journaux papiers). Et là, consolation, les élèves francophones sont tout de même un peu meilleurs et arrivent au niveau de la moyenne des pays de l’OCDE.

Quant à la Flandre ? Pas de surprise, comme à chaque enquête, les résultats des élèves flamands sont meilleurs que ceux des francophones. En lecture, ils sont à une moyenne de 502 points soit 21 de plus que les élèves du sud du pays. Mais cet écart entre Flandre et Fédération Wallonie-Bruxelles a tendance à diminuer. Et c’est loin d’être une bonne nouvelle puisque cela est dû avant tout à une baisse constante des performances des élèves flamands.

D’ailleurs, de manière globale, que ce soit dans les pays de l’OCDE ou en Belgique, les performances en lecture de tout le monde baissent, comme le montre ce graphique de l’Université de Liège sur cette enquête PISA.

Un bon point en mathématique

Pour ce qui est des bonnes nouvelles, il faut se rendre au chapitre mathématiques de l’enquête. Les résultats en math des élèves francophones sont en augmentation (495 points en moyenne). C’est un léger progrès par rapport à 2015, mais suffisant pour se placer au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (489), ce qui constitue une première pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. En sciences, les résultats des petits francophones restent stables (485) et très proches de l’OCDE (489).

Dans ces deux matières aussi, les élèves de la Communauté flamande restent devant les Francophones (518 en mathématiques et 510 en sciences pour la Flandre). En mathématiques l’écart entre le nord et le sud du pays se réduit également et cette fois, c’est tout de même lié aux progrès des élèves francophones, associés quand même à une baisse du niveau en Flandre. En math, les élèves de la Communauté germanophone progressent aussi et ils restent devant les élèves francophones. Par contre en sciences, les performances des germanophones sont en net recul et ils passent pour la première fois en dessous de la moyenne des élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Moins de déclarations de harcèlement

Parmi les matières analysées dans l’enquête PISA, on retrouve quelques indicateurs de bien-être à l’école et du climat scolaire. Ces indicateurs sont obtenus via les déclarations des élèves, enseignants et directeurs d’écoles. A en croire les déclarations des élèves francophones, le harcèlement serait en baisse en Fédération Wallonie-Bruxelles. 17% des élèves (tout de même) déclarent être victimes de comportements de harcèlement au moins quelques fois par mois. C’est toujours trop, mais c’est 6% de moins que la moyenne de l’OCDE et c’est un chiffre en diminution par rapport à celui de 2015 (19,6%). Cette diminution des déclarations ne se retrouve pas en Communauté flamande alors qu’en Communauté germanophone on note également une baisse des déclarations de harcèlement mais plus légère (-1%).

Autre point positif, les élèves francophones du pays déclarent un sentiment d’appartenance à leur école assez fort. Ils se sentent intégrés, disent se faire des amis plutôt facilement. Les déclarations sont stables par rapport à 2015, alors qu’en moyenne, le sentiment d’appartenance baisse dans les pays de l’OCDE. Toujours au registre des indicateurs positifs, le nombre moyen d’élèves par classe en Fédération Wallonie-Bruxelles (21) est parmi les plus faibles de l’OCDE (26). Enfin, concernant l’absentéisme, les élèves francophones sont moins souvent absents que la moyenne des élèves de l’OCDE, par contre, ils ont tendance à arriver plus fréquemment en retard.

Comme toujours, tout n’est pas rose. C’est le cas lorsque l’on s’intéresse au climat de discipline en classe. La Fédération Wallonie-Bruxelles est en bas de classement. Par exemple, plus d’un élève sur deux déclare qu’il y a du bruit et de l’agitation à chaque cours ou à la plupart des cours de français. Près de 40% des élèves francophones ne commencent à travailler que bien après le début de cours. Bref, les conditions pour étudier et apprendre ne sont pas idéales. Seule la France fait pire si l’on compare la Fédération Wallonie-Bruxelles aux autres pays de l’OCDE.

Un autre gros point noir de l’enquêté PISA, déjà connu et qui se confirme une nouvelle fois cette année : l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles reste l’un plus inégalitaire, tout comme en Flandre ou encore au Luxembourg. Les performances des élèves favorisés sont meilleures que celles des élèves moins favorisés. Ce constat alarmant est posé et répété depuis l’an 2000.

Archives : Journal télévisé du 06/12/16

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