Enlèvement d'un garçon de 13 ans à Genk: islamiste radical, le principal suspect était sous conditions probatoires

Enlèvement d'un garçon de 13 ans à Genk: islamiste radical, le principal suspect était sous conditions probatoires
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Le principal suspect dans l'enlèvement d'un enfant limbourgeois de 13 ans, Khalid Bouloudo, 45 ans et originaire de Maaseik, a déjà été condamné pour son passé d'islamiste radical. Il avait écopé de dix ans de prison en première instance, mais la cour d'appel de Bruxelles a revu cette condamnation en mai 2019 à trois ans de prison avec sursis, couplés à une période probatoire de cinq ans. Malgré ces conditions, il semble que le quadragénaire ait disparu des radars et ait continué à recruter des extrémistes afin de monter cette récente prise d'otages.

Selon un témoin, M. Bouloudo avait créé une forme de scission au sein de la communauté musulmane de Maaseik, avec les ultraradicaux d'un côté et les modérés de l'autre. Il avait mis sur pied l'association Attawasol, une mosquée clandestine, à Neeroeteren (Maaseik), où les gens étaient endoctrinés.

"J'ai fait fermer cette mosquée. La police fédérale est même intervenue à l'époque, mais visiblement, M. Bouloudo est parvenu à garder ses contacts", a indiqué l'ancien bourgmestre de Maaseik, Jan Creemers. "C'était une de ces personnes dont nous savions certainement qu'elle n'allait pas se tenir tranquille."

Khalid Bouloudo avait été identifié comme dirigeant d'une organisation terroriste du 7 avril au 8 juin 2013. Arrêté en 2015 pour ces faits, il avait déjà été libéré sous conditions en attendant son procès avant d'être réincarcéré pour avoir enfreint ces conditions. Il avait été condamné en première instance en avril 2018 à dix ans de prison.

Une peine ramenée à 3 ans avec sursis

Plus d'un an après, la cour d'appel de Bruxelles ramenait toutefois la peine à trois ans avec sursis. Des conditions avaient été imposées, pour une durée de cinq ans, comme l'obligation pour le quadragénaire de s'établir à une adresse fixe, de donner suite aux appels de la commission de probation et à ceux des assistants de justice, et de chercher activement du travail ou de suivre une formation professionnelle.

"Malgré le rôle que le prévenu Bouloudo a joué dans la fondation et le fonctionnement de l'association Attawasol, les éléments de l'instruction ne semblent pas suffisants pour établir qu'il a bien endoctriné certaines personnes, qu'il a bien incité des gens à partir en Syrie ou qu'il a participé à l'activité d'un groupe terroriste. Le fait que M. Bouloudo soit animé d'une certaine pensée et qu'il ait maintenu des contacts avec des personnes inspirées d'une même pensée et qui se sont rendues en Syrie où elles se sont affiliées à un groupement participant à la lutte djihadiste et pointé comme terroriste par le ministère public, n'est pas suffisant", selon le jugement de l'époque à la cour d'appel.

Le nom de Khalid Bouloudo a refait surface dans le cadre de la récente prise d'otages d'un adolescent de Genk. La décision prise il y a un an par la cour d'appel a dès lors soulevé de nombreuses critiques. Le magistrat de presse de la cour d'appel de Bruxelles a apporté quelques précisions. "Pour autant que je puisse juger c'était une décision parfaitement correcte, qui a été prise en tout honneur et en connaissance de cause", a-t-il indiqué. "La cour a publié un arrêt de 45 pages, dans lequel une analyse minutieuse des faits a été faite ainsi qu'une analyse de tous les arguments juridiques développés par les parties."

"Les faits remontaient en outre à 2013. Dans ces circonstances, la cour a estimé qu'une peine de trois ans avec sursis pouvait suffire. Des conditions ont été ajoutées, mais le suivi de celles-ci n'est pas du ressort des juges. Il y a une commission de probation pour cela, des assistants de justice et la police."

"Nous ne devons en outre pas perdre de vue que l'homme suspecté de cet enlèvement bénéficie encore de la présomption d'innocence. On fait comme s'il avait déjà été condamné pour ces derniers faits et comme si la cour (d'appel) aurait déjà dû le savoir l'an dernier. Mais les juges, que ce soit en première instance ou en appel, se prononcent en toute bonne conscience sur des faits qui se sont passés, sur la base d'informations dont ils disposaient à l'époque, et par pour des faits qui pourraient éventuellement se produire dans le futur. Nous n'avons pas de boule de cristal."

En 2006, Khalid Bouloudo avait déjà été condamné à cinq ans de prison pour terrorisme. Avec complices, il aurait mis sur pied l'aile belge du Groupe Islamique Combattant Marocain (GICM), dont la maison mère est suspectée d'être derrière les attentats de Casablanca en 2003 et de Madrid en 2004. Il est aujourd'hui inculpé de l'enlèvement du jeune Limbourgeois.

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